Balades à ski de randonnée dans le Champsaur, du 22 au 27 mars 2015

Sortie organisée par Didier et Georges, avec Jeff et Philippe.

Textes, photos et assemblage des panoramiques par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

Les photos sont cliquables, pour obtenir un agrandissement (attention, certains navigateurs recadrent automatiquement la photo par défaut, et vous ne verrez pas de différence).
Les traces GPS de la journée sont hébergées sur le site VisuGpx.com.



Dimanche 22 mars 2015

Au début de la semaine Didier nous a annoncé qu'il ne pouvait pas venir, pour des raisons personnelles. Il avait pourtant une fois de plus tout préparé, réservé le gîte et regroupé des topos. Après pas mal d'échanges par émails, et malgré les prévisions météos pas fameuses, nous décidons de partir tout de même à trois, Georges, Jeff et moi. Nous partons dimanche au lieu de samedi, de toute manière la météo de ce week-end était moche. Nous penserons bien à Didier toute la semaine, Jeff lui enverra des petits compte-rendus par SMS.
Comme d'habitude, je pars de la maison en vélo, sac sur le dos, chaussures de rando dans le panier et skis attachés au cadre, alors qu'il commence à pleuvoir légèrement. Je rejoins l'aéroport de Genève pour prendre le train jusqu'à Grenoble où je retrouve Jeff et Georges. Nous voilà partis en voiture pour rejoindre le Champsaur, où nous allons résider au sympathique gîte l'Ancolie.



Lundi 23 mars, Aiguille d'Orcières (2793 m)

La vallée est embrumée le matin lorsque nous partons en voiture pour Orcières. Cependant, après quelques kilomètres, nous perçons la couche de brume pour nous retrouver sous un ciel immaculé, et inespéré. Nous partons du hameau des Audiberts, en face d'Orcières, vers 1450 m. La montée se fait d'abord en forêt, puis quand nous en sortons, le sommet est toujours en vue, avec un beau profil un peu effilé. De l'autre côté de la vallée, la station de ski d'Orcières-Merlette, exposée sud, est très déneigée. On ne voit pas de skieur, mais on entend une sono... Le beau temps commence à se dégrader avec l'arrivée de nuages vers 11h. Arrivé premier au sommet, je me trouve un petit coin pour attendre les copains. Le sommet est exigu et les pentes, hormis celle par laquelle nous sommes arrivés, sont vertigineuses. Aussi, les manoeuvres pour quitter les peaux et passer en position descente sont un peu délicates. La descente se fait en neige bien agréable, sur un itinéraire proche de celui de la montée. Le soir nous pouvons profiter un peu du gîte, et le repas est bon et très copieux. Ce sera le cas tous les soirs...

La trace de la journée.


Comme souvent cette semaine, le départ se fait skis sur le dos en
raison du manque de neige en bas.




L'aiguille est droit devant.





Jeff arrive.






Derrière nous, les versants sud sont pas mal déneigés.





Georges.




Georges et Jeff arrivent au sommet.



Mardi 24 mars, vers la grande Autane, puis la Coupa (2630 m)

Nous repartons dans la même direction qu'hier, en laissant cette fois la voiture à Archinard (1590 m). Le temps est revenu au grand beau. Nous montons dans les bois jusqu'à la cabane de Roinette, puis nous partons ouest pour rejoindre un petit sommet sans nom (2492 m) et l'épaule qui mène au sommet de la grande Autane. Cependant, cette arête est très cornichée, et nous ne pourrons pas skier à la descente. Nous décidons donc de renoncer à la grande Autane, pour redescendre un peu et aller à la Coupa. La descente, sur environ 300 m de dénivelée, est superbe en neige poudreuse. On rejoint alors le grand vallon sous le col de Rouannette, et nous remontons à la Coupa (2630 m). La météo s'est dégradée, il neige faiblement. La descente là encore est très agréable. En passant à son pied, nous observons le couloir et la pente Est qui descendent directement du sommet de la grande Autane, et qui aurait été un itinéraire élégant pour en redescendre...

La trace de la journée.











Georges et Jeff au petit sommet. Derrière eux, l'arête qui mène au sommet de la grande Autane.






Jeff arrive au sommet de la Coupa.




Mercredi 25 mars, petite Autane (2519 m)

Le gratin de ravioles du Champsaur de la veille, dont j'ai un peu abusé, a été difficile à digérer, et j'ai mal dormi. Du mauvais temps est prévu pour la journée, et nous avons donc prévu une petite sortie. Nous partons en voiture pour le village de Clos Davin (1365 m). Comme il n'y a pas de neige, le départ se fait skis sur les sacs. Ensuite, dans la forêt la progression se fait dans la neige encombrée de morceaux de bois, d'herbes, etc... Il y a pas mal de traces, et nous ne sommes pas très attentifs à l'itinéraire. À un moment, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas au bon endroit, trop haut et trop à l'est. Nous essayons de couper à flanc dans la forêt pour rejoindre l'itinéraire correct, mais nous tombons sur un premier ravin que nous arrivons à franchir, puis un deuxième qui nous semble un peu ardu à passer. Nous décidons de faire demi-tour, nous redescendons une centaine de mètres de dénivelée, et nous rattrapons le bon itinéraire. Ça nous apprendra à faire attention ! La piste que nous suivons ne monte pas, c'est un peu long. On voit quelques chevreuils. Nous atteignons enfin la cabane de Tante Yvonne, offerte par madame Yvonne Rostaing pour la mettre à disposition des randonneurs. À partir de là, il y a enfin de la pente, la petite Autane est droit devant. Nous ne voyons pas très bien l'itinéraire, et finalement nous attaquons directement dans un couloir sous le sommet. La neige colle tellement aux peaux qu'il n'est plus possible de monter à ski. On les met donc sur le dos pour sortir de ce couloir, et nous débouchons pas loin du sommet, que l'on rejoint à pied (2519 m). La météo n'est en fait pas aussi mauvaise qu'annoncée, nous pouvons même faire un rapide casse-croûte au sommet. Nous descendons en skiant par la voie «normale», le couloir n'aurait pas été intéressant étant donné l'état de la neige. Dans les arbres nous trouvons de la belle neige, bien agréable à skier. Plus bas, elle devient bien lourde. Nous rejoignons la voiture sans avoir rencontré une seule personne de la journée, mais plus fatigués que prévu par cette "petite" course.

La trace de la journée.


Jeff à la recherche de plaques de neige dans les bois.




Dans notre tentative de traversée pour reprendre l'itinéraire correct.




La cabane de Tante Yvonne, extérieur...




...et intérieur.




Le sommet est devant à droite.




Jamais mes skis n'avaient autant botté. Impossible de monter avec.





Georges et Jeff dans le couloir sous le sommet. Au fond un peu à droite, la vallée du Champoléon.





Georges sur l'épaule finale.




Jeff et Georges arrivent au sommet.




Belle descente.




Dans la vallée, une jolie cabane en pierres.



Jeudi 26 mars, le Mourre-Froid (2993 m)

La météo prévoit de nouveau du beau temps. Nous nous levons tôt (5h45) et nous partons de Prapic (1540 m) au moment où l'église sonne 7h. Le soleil et la brume jouent à cache-cache, c'est très beau. Le sentier parcourt d'abord les paturages du village, et reste assez plat jusqu'à la chapelle de la Saulce, puis le saut du Laire (jolie cascade). Nous observons un très beau renard avec un beau pelage très fourni. À partir du Saut du Laire, il n'y a plus de trace, nous tracerons toute la journée. Nous montons dans un vallon est, sous de grosses barres avec de belles cascades de glace. Arrivés à leur hauteur, nous partons direction sud/sud-ouest pour rejoindre la longue crête qui mène au sommet. Faire la trace est toujours très plaisant, mais c'est aussi un surplus d'effort non négligeable. Nous nous relayons un peu avec Georges. Quelques petits passages demandent un peu d'attention, quelques détours, puis nous rejoignons l'épaule terminale qui mène au sommet. Le vent qui soufflait un peu le matin est totalement tombé, le temps est magnifique, et nous profitons du sommet entre nous. Il n'y a absolument personne où que porte la vue, c'est étonnant. Pour la descente, nous avons vu que le couloir direct sous le sommet n'est pas en bonne condition, aussi nous partons un peu sur l'épaule puis en direct. La neige est super, nous godillons comme dans une publicité pour du chewing-gum. Avant de rejoindre le Saut du Laire, nous cherchons un peu notre chemin dans des petites barres rocheuses, mais nous trouvons un passage. Nous voyons quelques bouquetins qui profitent du soleil de l'après-midi au dessus de la chapelle de la Saulce, puis nous rentrons au village, très joli. Quand nous arrivons, l'église sonne 17h.

La trace de la journée.


Départ dans la vallée embrumée.




Mais plus tard, la ciel se dégage.





La chapelle de Saulce.






































Philippe et Georges au départ de la descente (photo: Jeff).


Belles perspectives dans la descente, avec brouillard..




...et sans.



Séquence de Philippe sous la corniche (photo: Jeff).


Nous nous faisons bien plaisir dans la descente.




Une dernière vue sur le sommet, avant de rejoindre la vallée.



Vendredi 27 mars, Tête Virante (2675 m)

Ce matin, c'est de nouveau sous un grand soleil que nous gagnons la belle vallée du Champoléon. Nous laissons la voiture au hameau "Les Baumes" (1330 m). Il n'y a pas de neige, et nous portons les skis sur le sac pendant une petite heure sur le chemin d'été, qui traverse une très belle forêt. Nous chaussons un peu avant de passer un petit goulet. La pente devenant plus raide et peu enneigée, nous devons déchausser une nouvelle fois. Lors de cette manoeuvre, Jeff perd ses bâtons dans la "roture", l'espace qui se crèe entre la neige et les rochers chauffés par le soleil. Les bâtons sont hors de vue. Nous sortons la pelle pour creuser, et après un peu d'exercice, nous arrivons, en nous couchant dans la neige, à les repêcher. Georges, qui nous attend plus haut, commence à s'impatienter... Nous pouvons repartir. Un second goulet, encombré par les restes d'une avalanche, nous oblige de nouveau à passer skis sur le dos. Ensuite, la montée est assez directe jusqu'au sommet de Tête Virante (2675 m). Il fait toujours très beau, mais un petit vent constant rafraîchit bien l'atmosphère. Le vallon est magnifique, et la tête des Moutières face à nous est très impressionnnante. Comme hier, nous sommes seuls, à l'exception d'un solitaire qui grimpe un petit sommet sans nom mais bien raide un peu à côté de la tête des Virantes. Nous le verrons un peu plus bas dans la descente, et on apprendra que ce matin il est aussi allé à la tête des Moutières. Très sympathique, il tient la ferme des Grangiers près de Die, il doit rentrer dans l'après-midi. La descente par le Val Estrêche est très belle et la neige décaillée très agréable. Plus bas, elle devient vraiment molle. Le passage du goulet est un peu folklorique, et plus bas, il faut slalomer entre les pierres et les morceaux de bois, et les boules de coulées d'avalanches. Bref, une vrai fin de course de printemps, dont les semelles de nos skis gardent des traces. La fin du chemin se fait skis sur le dos car il n'y a plus de neige. Quoi qu'il en soit, ce vallon était vraiment magnifique...

La trace de la journée.


Départ dans la forêt déneigée.




Jeff a récupéré ses bâtons. On voit bien le trou que nous avons creusé.










Jeff.




Dans le goulet.





Dans le premier petit goulet.






Puis dans le deuxième, un peu plus long.






Sur un petit replat.





Jeff.




Toujours Jeff, au sommet.




Georges sur l'arête sommitale, un peu cornichée...




Georges et Philippe au sommet (photo: Jeff)





Au sommet.






Dans la descente, toujours face à la très belle tête des Moutières.






Bientôt la fin de la neige, retour au beau pays des Mélèzes. Les crocus annoncent déjà le printemps.





Passage dans le lit du torrent.




Les derniers mètres de neige, traversés de coulées.



Samedi 28 mars, retour

C'est déjà l'heure de rentrer, nous repartons sous un très beau soleil. Les copains me déposent à Grenoble, sur la route nous avons pu admirer le Vieux Chaillol, le Pic de Bure, l'Obiou, plein de beaux sommets. Si tout va bien, nous repartons dans 3 semaines.



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