Randonnée en Haute-Maurienne, du 13 au 19 avril 2013

Organisée de main de maître par Didier, avec Marc, Christian, Michal, Andrea, Raymond et Philippe, dans le cadre du CAF RSF.

Textes, photos et assemblage des panoramiques par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

Les photos sont cliquables, pour obtenir un agrandissement (attention, certains navigateurs recadrent automatiquement la photo par défaut, et vous ne verrez pas de différence).
Les traces GPS de la journée sont fournies par Andrea et hébergées sur le site VisuGpx.com.



Samedi 13 avril 2013

Pour ce dernier raid de l'année, je suis content de ne pas avoir besoin de prendre la voiture. Je pars en vélo sac sur le dos, skis fixés sur le cadre et en grosses chaussures, pour rejoindre la gare de l'aéroport de Genève. De là, train pour Sion où je retrouve les copains. Ensemble, nous prenons le car postal pour la Forclaz, où le gîte réservé par Didier est à 20 m environ de l'arrêt du bus. Le temps est splendide, nous préparons le repas ensemble. Bonne nuit en rêvant aux jours suivants.


Départ en vélo avec les grosses chaussures, les skis sont attachés au cadre.




Dimanche 14 avril

Nous nous levons à 4h30, sous un grand ciel plein d'étoiles. Dès les premières lueurs de l'aube, nous partons du gîte (1730 m) à travers la forêt pour rapidement monter en direction du col de Bréona (2915 m). C'est un très beau vallon, et du col, le panorama est magnifique. De l'autre coté du col, la neige est bien agréable à skier. Nous descendons en faisant une grande traversée pour arriver au fond de la vallée, pas loin de l'énorme cascade de séracs du glacier de Moiry (vers 2600 m d'altitude). Par une remontée assez courte mais raide, nous rejoignons alors la cabane de Moiry (2825 m). L'ancienne cabane, en pierres, a été flanquée d'un nouveau refuge au look très contemporain, le mélange des styles est étonnant. Comme le refuge n'est pas gardé, nous n'avons de toute manière accès qu'à l'ancienne cabane. Nous sommes seuls avec deux Zurichois, l'après-midi se passe tranquillement entre le déneigement de la terrasse, les bains de soleil, et la fonte de la neige pour préparer l'eau pour la boisson et la cuisine.

La trace de la journée et le compte-rendu de Didier.






Petit à petit, le soleil illumine les sommets tandis que nous nous élevons au-dessus de la Forclaz.






Nous arrivons dans un très beau vallon en-dessous du col de Bréona.


Arrivés au col, nous quittons le versant Forclaz...



...pour basculer sur le versant Moiry.



Belle descente...



...qui nous conduit en direction de la superbe chute de Séracs qui ferme la vallée.



La vue est magnifique depuis le refuge.



Si la nouvelle extension a une architecture discutable, l'ambiance depuis l'intérieur doit être formidable.



Mais l'ancienne cabane, dans laquelle nous logeons, ne manque pas non plus de caractère.



Lundi 15 avril

Ce matin, il fait encore très beau mais un petit vent frais rafraichi l'atmosphère. Nous partons au petit jour, en traversant des pentes assez raides, très gelées et dévastées (grosses boules gelées) par les avalanches de la veille, ce qui rend le début du parcours assez périlleux. Nous prenons pied ensuite sur le glacier de Moiry, que nous remontons sans problème jusqu'à la pointe de Bricola (3658 m). Très beau panorama. Nous faisons une toute petite descente, puis par une traversée ascendendante, nous rejoignons un petit point marqué (cairn, 3662 m) d'où nous avons une très belle vue sur le Mont Rose et la face nord de Grand Cornier. Nous attaquons ensuite la resdescente dans une neige variable, tantôt en poudre tantôt croûté, tandis qu'Andrea pousse jusqu'au Pigne de la Lé. Peu avant le refuge, la traversée des coulées d'avalanches est de nouveau problématique, les boules sont encore dures mais la neige alentour a perdu toute consistance. Cette fois, nous sommes seuls au refuge, nous pelletons encore la terrasse, et regardons les multiples avalanches dégouliner de toutes les faces qui prennent le soleil. En contrebas, la moraine du glacier s'émiette pierres à pierres.

La trace de la journée et le compte-rendu de Didier.


Marc en plein déblayage de la neige.




Nous avons bien agrandi la partie déneigée de la terrasse, mais il reste encore à faire.









Nous partons alors que le ciel rosit.







Didier sur le début de la petite arête qui conduit à la pointe de Bricola.







Christian contemple le panorama au pied de la pointe de Bricola. La Dent Blanche domine.



Derrière Christian, la face nord du Grand Cornier, très impressionnante.



À la descente, mon appareil photo a basculé involontairement en mode "miniature", qui donne d'étranges effets de flou.
Cela n'a cependant pas gêné l'excellent logiciel Hugin pour assembler les panoramas.




Les effets sont étonnants mais finalement pas si mals.







J'ai quand même vérouillé mon appareil avec du scotch pour qu'il ne se remette pas tout seul dans ce mode.





Didier, Andrea et Michal sur l'arête terminale de la pointe de Bricola.




Le groupe dans le refuge, au 28ème essai du retardateur...



Mardi 16 avril

Ce matin au réveil, le temps est couvert, et il est tombé une fine couche de neige. Nous partons en suivant les mêmes traces que la veille, nous allons en direction du Pigne de la Lé (3396 m). A cause des nuages, la neige n'a pas bien regelé pendant la nuit. Le brouillard s'épaissi quand nous approchons du sommet. A environ 50 m, nous décidons d'arrêter car nous ne voyons plus rien et l'arête où nous sommes peut être dangereuse sans visibilité. Nous faisons donc demi-tour. A peine avons nous commencé à descendre que le brouillard se lève et la visibilité redevient très bonne ! Tant pis. Nous remettons les peaux pour remonter une centaine de mètres et atteindre le col du Pigne (3141 m). Les premiers mètres de la descente sous le col sont très raides, puis nous avons une grande descente dans de grandes pentes, dans une neige d'abord très agréable, puis qui se ramollit et finit par perdre toute consistance vers le bas. Il nous arrive parfois d'un seul coup de nous trouver enfouis jusqu'aux genous, la prudence est de mise pour ne pas se blesser. Nous cassons la croûte au bord du ruisseau (1907 m), avec une vue magnifique sur le Grand Cornier, très impressionnant. Nous attaquons alors les 900 m de dénivelée qui nous séparent du refuge d'Arpitettaz, la neige est très molle, et il n'y a aucune trace de montée. Le soleil tape, la trace est difficile à faire, nous finissons tout de même par arriver. Le refuge (2786 m) est plein, et pas très pratique (pas d'espace dehors pour faire sécher le matériel) mais les gardiens sont sympathiques et zen, et tout se passe bien. Les WC sont à 100 m derrière le refuge à travers la neige, pas pratique pour les besoins urgents ou nocturnes...

La trace de la journée et le compte-rendu de Didier.




Ce matin-là, le temps est couvert lorsque nous partons.



Nous rebroussons chemin à une centaine de mètres du sommet du Pigne de la Lé, la visibilité est trop mauvaise.


Belle descente, sur une neige un peu dure.



Nous rejoignons Andrea au col du Pigne.



Toujours au col.



Belle descente, de plus de 1200 m de dénivelée. Nous filons vite pour éviter les avalanches qui risquent de se produire quand la neige aura chauffé.



Nous devons remonter sur le versant en face, où se trouve le refuge.



Pas fachés de rejoindre une route enneigée, nous risquerons moins de tomber dans des trous.



Passé le pont, il ne reste plus qu'à remonter 900m...



Mais avant tout, pique-nique au bord de la rivière, avec magnifique vue sur le Grand Cornier.







La remontée est longue dans la neige ramollie. Au fond à gauche, vers les nuages, nous voyons le col du Pigne que nous avons franchi le matin.



WC avec vue.




Mercredi 17 avril

Grand beau temps le matin quand nous partons au lever du jour. La journée commence par une descente sur la neige gelée, pour rejoindre le bas du glacier, vers 2580 m. Ensuite, nous attaquons une longue remontée du glacier de Möming, sans difficulté particulière, jusqu'au sommet du Blanc de Möming (3661 m). Pour passer de l'autre côté, nous devons alors mettre les skis sur le dos et parcourir une longue arête, parfois bien aérienne, jusqu'à l'épaule du Zinalrothorn, à environ 3710 m. Je n'aime pas ces parcours où la concentration ne doit pas se relacher un instant, et je suis content de remettre mes skis. La descente ensuite est superbe (très bonne neige, paysage de rêve), et nous rejoignons en début d'après-midi la cabane du Mountet (2886 m). C'est une cabane spacieuse, il n'y a pas trop de monde, tout se passe bien. Par contre, nous apprenons que les prévisions météos sont mauvaises pour la fin de la semaine, nous modifions donc un peu notre programme, et au lieu de rester deux nuits, nous décidons de continuer sur Schönbiel pour pouvoir quand même traverser si le temps se gâte trop.

La trace de la journée et le compte-rendu de Didier.




Départ de nouveau dans le beau temps.



Les Séracs sont jolis, mais les nombreuses traces montrent que nous sommes maintenant sur un itinéraire plus fréquenté.















Marc arrive au col de Möming.







Nous gagnons ensuite le sommet du Blanc de Möming. Derrière nous, l'impressionnante arête que nous allons prendre ensuite, et qui se prolonge jusqu'au sommet du Zinalrothorn.


Didier devant moi sur l'arête.





Petite pause photo, il y a du vide des deux côtés.



C'est avec plaisir que je remets les skis.



Belle descente pour rejoindre le refuge, avec toujours une belle perspective sur la Dent Blanche.



Jeudi 18 avril

Il fait toujours grand beau ce matin, un grand ciel étoilé, et la journée commence encore par une descente d'environ 150 m sur la neige dure, qui met nos jambes encore endormies à dure épreuve. Nous remontons alors le glacier Durand, en maintenant un bon rythme, car les descentes suivantes sont exposées sud-est, et Didier veut que nous les attaquions tôt, avant que la neige n'ait trop ramolli et que le risque d'avalanche ne devienne trop important. Nous remontons sans problème (il y a une bonne trace) jusqu'au col Durand (3438 m), puis nous attaquons la montée en direction du Mont Durand. Arrivée à l'épaule, nous posons les skis et continuons en crampons, dans une pente qui se redresse bien. Des passages en rochers me font apprécier d'avoir pris des crampons en acier (sur les conseils de Didier), et pas les crampons légers en alu que j'utilise en général en ski de rando... Du sommet, nous avons une très belle vue sur le massif du Mont-Rose. Nous redescendons aux skis assez vite, et commençons la descente sur une super neige sur le Hohwänggleischer. Nous suivons les indications qu'on nous a donné au refuge, pour passer à raz de beaux Séracs, puis pour trouver notre chemin dans un enchainement de barres rocheuses. Bien qu'il soit encore tôt (nous avons commencé à descendre vers 10h30), la neige commence déjà à devenir très molle, et nous tombons de temps en temps dans des "trous" de neige sans consistance. Nous rejoignons la moraine vers 2400 m, où nous pique-niquons dans un paysage splendide. Nous repartons ensuite, et par une montée sous une grosse chaleur, nous atteignons la cabane Schönbiel (2694 m). C'est une belle cabane, avec une vue imprennable sur le Cervin. La gardienne nous confirme la dégradation prévue de la météo pour le lendemain. Nous allons du coup tenter de rejoindre La Féclaz ou Arolla dès le lendemain, ce qui signifie que nous rentrerons un jour plus tôt que prévu. Dommage, mais on peut s'estimer heureux du temps que nous avons eu jusqu'alors.

La trace de la journée et le compte-rendu de Didier.




Départ du refuge, avec toujours le contraste entre ombres et lumières.















Au col Durant, une grosse congère a été formée par le vent.


Vers le sommet du Mont Durant, la pente se redresse sérieusement.





Quelqu'un nous rejoint au sommet.



Panorama depuis le sommet.



Didier attaque la descente.



À gauche, le Cervin pointe le bout de ses 4478 m.



Cette fois, nous l'avons en pleine face.



Didier dans le petit passage qui permet de franchir les séracs.



Cervin again.



Difficile d'imaginer qu'il y a un passage à ski dans ces barres. Et pourtant, c'est bien de là que nous arrivons.











Trois vues pour un lieu de rêve pour un pique-nique.



Large panorama depuis la moraine que nous suivons pour remonter au refuge.



Certains passages sont encombrés par des avalanches.



Arrivée au refuge...



...dont la terrasse offre un beau panorama sur le Cervin.





Vendredi 19 avril

Quand nous partons au petit jour, le ciel est assez dégagé, mais il y a des nuages dans la vallée de Zermatt et certains sommets sont déjà accrochés. La journée débute de nouveau par une descente en neige très dure, pas très agréable et un peu exposée. Nous mettons les peaux et remontons alors en direction du col de tête Blanche (vers 3500 m). Derrière nous, les nuages montent lentement depuis Zermatt. Il n'y a pas vraiment de trace de montée, surtout des traces de descente. Nous cheminons dans de beaux Séracs. Lors d'une petite pause, nous voyons un beau Sérac s'effondrer, les morceaux sont sans doute tombés là où nous étions un quart d'heure plus tôt... Le temps se couvre de plus en plus, et quand nous arrivons au col de Tête Blanche, nous sommes dans le brouillard. Nous décidons de ne pas descendre par le glacier de Ferpècle, comme nous avions prévu, car cela sera trop risqué par cette mauvaise visibilité. Nous traversons donc sous Tête Blanche, en direction du col de Bertol. Nous devons remettre les peaux pour remonter au col (3300 m), au-dessus duquel est niché l'impressionnant refuge éponyme. Nous attaquons alors la descente vers Arolla, dans une visibilité quasiment nulle. Nous devons faire souvent le point pour l'itiniraire, et pour nous assurer que nous n'avons perdu personne du groupe. Nous finissons enfin par rejoindre Arolla, qui semble bien sinistre sous la pluie. Nous n'attendons pas trop longtemps pour le car postal qui nous ramène à Sion. Je laisse ici le reste du groupe qui prendra un TGV le lendemain, et je retrouve mon vélo à l'aéroport de Genève. Il ne me reste plus qu'à pédaler sous la pluie légère pour retrouver la maison...

La trace de la journée et le compte-rendu de Didier.




Conformément aux prévisions, il fait encore beau le matin, mais des nuages accrochent déjà les sommets, et recouvrent la vallée de Zermatt.















Nous prenons rapidement pied sur le glacier.







Nous cheminons dans de beaux séracs.



Petit raidillon dans une pente ponctuée de blocs de glaces tombés des séracs au-dessus. Un quart d'heure plus tard, un beau morceau de sérac va tomber dans le coin. Pendant ce temps, les nuages montent de la vallée derrière nous.



Arrivés vers le col de Tête Blanche, nous nous retrouvons dans le brouillard. C'est là que nous renonçons à notre descente par le glacier de Ferpècle, pour prendre l'option de la descente sur Arolla.



Dans le brouillard, nous devons nous méfier des crevasses qui affleurent deçi-delà.



Nous arrivons vers le col de Bertol. Le refuge étonnant est accroché sur le piton rocheux. Cliquez sur la photo pour l'afficher en plus grand.




Toute la descente se fera dans cette ambiance, où nous devons
faire attention à ne pas nous perdre, ou à oublier un de nous
resté en arrière.




Dernière vue de la descente.



Marc a fait un très bon compte-rendu de ce tour, factuel et humouristique. A lire absolument.
Andrea a également fait un compte-rendu sur son site, et Didier en a fait un sur Skitour. Vous saurez vraiment tout !


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