Ski de randonnée dans le massif des Écrins, avril 2016



Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Merci à Didier qui a encore une fois tout organisé.




Mercredi 13 avril 2016

Nous avions prévu une nouvelle semaine de ski de randonnée, peut-être en Ortler, mais les prévisions météo étant mauvaises, nous avions renoncé. Mais mardi le temps magnifique et les prévisions incertaines mais pas franchement mauvaises nous ont décidé à profiter de la deuxième moitié de la semaine. Je suis donc parti en vélo de la maison pour l'aéroport où j'ai pu prendre un train pour Genève puis pour Grenoble où j'arrive à 14h. Vers 15h arrivent Didier et Georges, venus en voiture de chez eux, et nous repartons pour la Bérarde. Le temps est variable, quelques averses. Sur la route de la Bérarde, nous voyons plusieurs groupes de chamois qui profitent de l'herbe nouvelle. Nous voyons en passant que le vallon en direction de la tête des Fétoules est assez déneigé, nous ne retenons donc pas cette option comme course possible. Un peu plus loin le vallon des étages semble plus accessible, une course dans ce vallon reste une option possible. Arrivés au centre CAF (gardiennes sympathiques), la pluie qui tombe drue se transforme en neige, avec des flocons énormes. Avec la nuit qui tombe, le paysage blanchit petit à petit.



Jeudi 14 avril: centre alpin de la Bérarde (1740 m) - Brèche de la Somme (3269 m) - Plat des Étançons (1900 m) - refuge du Chatelleret (2232 m)

Nous nous levons vers 5h pour profiter au plus tôt de la belle journée qui s'annonce. Malgré les quelques centimètres de neige fraîche, nous devons d'abord porter les skis sur le chemin avant de pouvoir chausser, une grosse demi-heure plus tard. Le soleil qui se lève donne de belles couleurs au vallon que nous remontons en faisant notre trace dans la neige fraîche. Nous suivons l'itinéraire marqué sur la carte, tandis qu'un couple qui était au refuge prend un autre itinéraire. Comme ça, nous faisons chacun notre trace. Le paysage est très beau, tout plâtré de neige, avec de belles vues sur le dôme des Écrins. Un groupe d'Anglais nous rejoint en venant du col des Écrins. Nous nous retrouvons tous dans le couloir final de la brèche de la Somme, que nous faisons en crampons, skis sur le sac. La descente est un peu raide mais en bonne neige, avec le poudre tombée la veille. Nous continuons notre descente bien agréable, sans oublier de récupérer le matériel nécessaire pour les jours suivant que nous avions déposé à la montée sous une grosse pierre. Nous atteignons la fin de la neige. Pause casse-croûte sur des pierres sèches au soleil, et dans le paysage magnifique, puis nous attaquons la remontée vers le refuge de Chatelleret, d'abord à pied, puis de nouveau à ski. Il y a un peu de monde, les gardiennes sont sympathiques et dynamiques. Pourtant, la gestion du refuge n'est pas facile, sans eau et avec un seul WC extérieur.

La trace de la journée (1900 m de dénivellée positive).




Levé de soleil dans un paysage blanchi par la chute de neige nocturne.






Au bout d'un moment, nous pouvons chausser les skis. Les nouveaux
bâtons de Didier semblent lumineux.




Dans quelques mètres, le soleil.



Le plaisir de faire la trace dans la neige fraîche.










En arrière-plan, le Dôme des Écrins sur lequel un léger vent fait fumer la neige.





Nous voici au solei pour le reste de la journée.





Contrejours sur fond de Dôme des Écrins.












Georges.




Pour atteindre la brêche, il faut mettre les skis sur le dos et
les crampons aux pieds.








Didier à la brêche.




Philippe à la brêche (photo: Didier).




Didier à la brêche. Derrière, le Dôme des Écrins, et les anglais qui attaquent la descente.





Didier dans la descente, et derrière toujours le Dôme des Écrins.



Didier chausse sur un petit replat en haut du couloir...




Puis fait sa traçe dans la descente.
















Dans le bas du vallon, magnifique vue. Il nous reste à remonter au refuge, tout d'abord en portant les skis.





Le refuge déjà à l'ombre tandis que les sommets sont toujours au soleil.





Pause au fond du vallon avant de remonter au refuge.




Portrait dans un paysage de rêve.



Vendredi 15 avril: refuge du Chatelleret (2232 m) - brèche de la Meije (3357 m) - refuge du Chatelleret (2232 m)

Ce matin le temps est médiocre, couvert avec de petites chutes de neige. Les sommets sont accrochés, nous optons donc pour un itinéraire «facile» et sans risques (barres, crevasses). Nous montons donc en direction de la brèche de la Meije. Nous passons en dessous du refuge du Promontoire installé sur son piton rocheux, pour nous retrouver au pied du petit couloir incliné qui donne accès à la Brèche. Le final se fait de nouveau en crampons. Nous montons les skis que nous laissons à mi-hauteur car la partie finale est un peu trop exposée à ski (passage en neige très dure juste au-dessus d'une barre rocheuse). Il y a pas mal de vent à la brèche, nous ne tardons pas. La descente côté La Grave nous paraît plus raide et rocheuse que lorsque nous étions passés là lors de notre tour de la Meije en avril 1995. Nous redescendons d'abord en crampons puis en skis. Didier a un problème avec ses chaussures qui ne se bloquent pas en position descente, ce qui le fait chuter en sortie de virage dans la pente raide. Un peu plus bas, nous arrivons à résoudre ce problème. La neige est assez croûtée et désagréable à skier, puis un peu plus bas ça s'améliore et devient agréable. Le jour blanc rend quand même la descente un peu spéciale, le relief est parfois invisible et les jambes doivent s'adapter en temps réel à ses modifications. Nous sommes de retour au refuge assez tôt, vers 12h30. Après-midi calme.

La trace de la journée.



La brèche de la Meije, dans le brouillard. De petites coulées légères descendent des parois fraichements enneigées.





Georges dans la montée du petit couloir qui mêne à la brèche de la Meije.





Georges et Didier à la brèche. Le brouillard et le vent rendent l'ambiance un peu irrélle.





Derrière Georges on voit le refuge du Promontoire.




Didier arrive à la Brèche.




Didier et Georges peu de temps avant la Brèche.




Georges redescend vers nous.



Samedi 16 avril: refuge du Chatelleret (2232 m) - col du Replat (3335 m) - refuge du Chatelleret (2232 m) - La Bérarde (1740 m)

Le temps est de nouveau bien médiocre, avec comme hier des chutes de neige et des nuages sur les sommets. Nous partons en direction du col de Replat, par une pente marquée juste au-dessus du refuge. Dans la montée nous nous trouvons assez vite dans des nuages épais et une petite chute de neige continue. C'est une ambiance très particulière, je trace dans un univers uniformément blanc, avec la pointe de mes skis comme seule tache de couleur et repère. Parfois il n'est même pas possible de sentir le relief dans lequel on évolue, c'est une sensation assez étrange. Le son est celui de la neige qui tombe sur ma capuche, poussée par le vent. Après une montée directe, l'itinéraire fait une longue traversée direction nord avant de rejoindre le pied du petit couloir qui mène au col. Le temps s'est dégagé, nous ne sommes plus dans le brouillard. Le petit couloir semble avoir été râpé par des personnes passées en ski en dérapage, nous mettons donc les crampons car nous pensons trouver de la neige très dure, voir de la glace. C'est effectivement le cas, je tape très fort avec les pieds pour essayer de faire des marches, mais certaines parties sont vraiment dures. Nous atteignons le col qui est une très étroite brèche entre deux rochers. De l'autre côté, une grande congère de neige s'est formée. Nous allons voir le paysage, nous voyons au loin le refuge de la Selle et Georges nous décrit les faces et les piliers qu'il a grimpés. C'est vraiment le bel Oisans sauvage, le massif que je préfère. La descente dans le petit couloir se fait bien, nous rechaussons les skis, et la descente est très agréable. Quand un très bref rayon de soleil nous éclaire, nous pouvons en plus en profiter pour voir le relief et profiter pleinement de la pente. Un peu plus bas je vois un chamois traverser. Nous arrivons bientôt de nouveau en vue du refuge. Je demande à Didier de me prendre en photo à côté d'une énorme boule de neige qui est descendu d'une petite pente à côté du refuge. Nous prenons une soupe et une part de tarte, toutes deux excellentes. Les prévisions météo pour le lendemain sont très mauvaises, nous nous résignons donc à rentrer. Dans la descente, nous discutons avec le gardien du refuge du Promontoire, qui descend aussi, tout le monde ayant annulé ses réservations. Nous regagnons la Bérarde, puis retour à la voiture et route de retour pour Ornex. Pour moi c'est déjà la fin de la saison. Didier et Georges ont plus de disponibilités, et ont encore des projets, espérons que la météo leur permettra de les réaliser...

La trace de la journée.



Georges et Didier apparaissent de temps en temps dans le brouillard.




Didier à la brèche du Replat.




Vue générale sur la vallée, alors que le brouillard s'est levé.





Sur la belle corniche de l'autre côté de la brèche. Celle-ci est visible à gauche.





Georges à la brèche.




Puis au départ de la descente.




Didier descalade au dessus de moi.




Georges enlève les peaux pour attaquer la descente.




Début de la descente. Au fond de la vallée la neige est brunie par le sable déposé par le Sirocco qui a soufflé il y a une quinzaine.





Georges dans la descente, en démultiplié et panoramique.





Avant d'arriver au refuge, je fais des boules de neige..




Dernier regard sur les montagne, après ce pont nous retrouvons
la civilisation.


Vue générale des trajets, représentés en rouge pour le premier jour, brun pour le second et orange pour le troisième. Vous pouvez cliquer ici pour afficher la carte en plein écran.



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