Grande traversée du Jura en ski de fond de La Brévine à Giron



Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Samedi 30 janvier 2016

Depuis une semaine, il fait beau et chaud, et la neige sur le Jura a fondu à vue d'oeil. Les prévisions météo sont mauvaises pour la semaine prochaine, mais voilà, c'est la semaine que nous avions retenue, et nous n'avons pas la possibilité de décaler. C'est quand même sous un grand soleil que je pars à vélo pour la gare de l'aéroport, les skis de fond attachés le long du cadre. Un train et deux bus plus tard (correspondances impeccables comme toujours en Suisse), me voici à la poste de La Brévine. Il y a un bon vent d'ouest, on l'aura donc en pleine face. Jeff et Christian arrivent vers 13h, directement de Paris via Pontarlier et Fleurier. Nous achetons un forfait une semaine, le vendeur nous assure qu'il est valable aussi en France sur le tracé de la GTJ. Nous partons vers 13h30. La neige est molle et le vent à encore forci, c'est un peu pénible. Jeff est équipé de skis d'occasion qu'il a acheté la semaine dernière sur le bon coin, et Christian a ses vieux skis de randonnée nordique. Ils ont déjà tous les deux fait une bonne partie de la GTJ il y a une trentaine d'années. Pour ma part, je suis en skating et c'est ma première GTJ. Après une douzaine de km nous entrons dans une forêt, ce qui atténue le vent. Par contre, il y a un peu moins de neige, et des pommes de pin qui bloquent les skis d'un coup. Bah, on va s'y habituer au cours de la traversée. Vers 16h30, il commence à pleuvoir. Nous arrivons au-dessus de Verrières-de-Joux, on voit quelques chevreuils. Il n'y a plus de neige dans la descente, que nous faisons en marchant, skis à la main. La nuit tombe, nous sortons les frontales pour vérifier l'itinéraire. Une longue remontée toujours à pied, sous la pluie maintenant battante et le vent nous mène au gîte Le Tilau. Il est 18h45, nous sommes contents et trempés.

La trace de la journée.



Le beau (?) bâtiment de la gare de Neuchatel.





Au départ de la Brévine, première petite traversée de route.




La première partie est une longue ligne droite.




Christian en pleine dynamique.




Le restaurant «chez Michon» attire l'oeil.




La piste tourne pour épargner un bouquet d'arbres. À gauche, le lac de la Brévine, à peine gelé.









Premiers passages sans neige.




Nous sautons de plaque en plaque.




Le balisage confirme que nous sommes bien sur le fantôme de la GTJ.



Dimanche 31 janvier 2016

Bon petit-déjeuner pendant que dehors la pluie tombe à verse. Nous partons vers 9h30, le vent à faibli par rapport à hier, mais la pluie est toujours intense. Après avoir remonté des prés en boue on trouve une bonne piste en forêt, sur laquelle nous progressons vite. De toute la matinée nous ne croisons qu'une seule personne. Il pleut toujours quand nous arrivons aux Fourgs. Nous profitons de la salle hors-sac pour faire une pause casse-croûte et nous sécher un peu. Les gants, pantalons et chaussettes sont à essorer. Un autre skieur arrive, bien sympathique avec lequel nous discutons. C'est un champion multiple qui part dans 2 semaines disputer les championnats du monde master en Norvège, passionné, qui nous raconte plein d'anecdotes. Nous repartons sous la pluie qui n'a pas faibli. Nous quittons le tracé officiel de la GTJ pour passer un peu plus haut dans la forêt, en espérant y trouver un peu plus de neige. Le vent est pénible, j'essore régulièrement mes gants. La semelle d'un des skis de Christian se décolle, nous la fixons avec des élastiques. Pluie. Nous rejoignons une petite route enneigée que l'on suit jusqu'aux Hopitaux-vieux où nous arrivons vers 16h30. Les derniers km se font à pied car il n'y a plus de neige. Nous devons encore rejoindre Métabief. Nous demandons notre chemin à une jeune femme qui décharge du matériel de sa voiture. Très gentiment, elle nous y conduit en voiture ! Au gîte (Géraniums et neige fraîche), nous sommes très bien accueillis. Nous nous changeons dans la chaufferie où il fait bien chaud, et nous y étendons toutes nos affaires qui sont complètement trempées. Christian va chez un marchant de ski auquel il laisse son ski à recoller.

La trace de la journée.




Départ sous la pluie et dans la boue.




Un peu plus loin, la neige arrive, avec parcimonie.




Dans la forêt.




Le seul skieur rencontré, un champion à l'entrainement.




Christian cherche ses élastiques pour fixer sa semelle de ski.








Le problème du ski de Christian se confirme. Heureusement, l'élastique tient encore...




Lundi 1er février

Le matin nos affaires sont bien sèches, la chaufferie a été très efficace. Christian récupère son ski dont la semelle a été recollée. Avec la pluie, la neige a toute fondue. L'étape Métabief-Mouthe passe dans la vallée, hormis une petite incursion vers le Mont-d'or, mais il n'y a plus de neige du tout sur le parcours. Nous décidons donc de prendre un taxi pour rejoindre Mouthe. Sur le trajet, nous longeons des prairies sans neige. Dans la vallée le Doubs déborde de son lit. Le taxi nous laisse au départ des pistes au lieu dit «chez Liadet». Il bruine toujours, mais il y a un peu de neige. Le trajet est joli, dans une atmosphère un peu féerique avec la neige et du brouillard. La semelle du ski de Christian se décolle après quelques centaines de mètres à peine. On bricole, mais ça ne tient pas. Après quelques kilomètres, la semelle part complètement, il la roule et la met dans son sac, et continue sur le bois du ski. Évidemment, il n'y a plus d'anti-recul, et la glisse n'est pas fameuse non plus... Le trajet est joli, et l'enneigement tout à fait suffisant. Nous faisons une petite pause casse-croûte sous des arbres qui gouttent, on arrive pas à savoir si c'est mieux ou moins bien que directement sous la bruine. Nous commençons à croiser d'autres skieurs. Nous arrivons au Pré-Poncet, où il y a même quelques classes de ski. Ensuite, nous suivons une piste qui nous permet de rejoindre le gîte de la Combe des Cives, un peu avant la Chapelle des bois, presque sans quitter la neige. Il y a quand même quelques brefs passages en herbe. Nous arrivons vers 15h, le ciel est toujours gris.

La trace de la journée.



Départ de «chez Liadet», un peu de neige encore.




Nouveau bricolage des skis. Ça ne s'améliore pas.




Un peu plus de neige dans la forêt, brouillard en prime.




Retour dans la vallée, la piste devient humide.



Mardi 2 février 2016

Nous partons vers 9h, par la piste qui rejoint La Chapelle des Bois. On trouve des passages en neige, nous devons tout de même marcher quelques centaines de mètres. Petit ravitaillement à La Chapelle. Il bruine encore. Plus loin, il n'y a plus de neige. Nous marchons un peu en bord de route, puis nous trouvons un vestige de piste. Celle-ci ne suit pas la trace officielle de la GTJ, mais comme elle semble se diriger aussi vers la forêt du Risoux, nous la suivons. Il y a quand même pas mal de passages où nous devons marcher. La bruine s'arrête, mais le ciel est toujours gris. Finalement, la piste commence à monter dans la forêt du Risoux, son enneigement s'améliore, nous n'avons plus besoin de chausser et déchausser. Nous retrouvons le trajet officiel de la GTJ dans la forêt, où nous croisons aussi d'autres skieurs. Nous faisons une pause casse-croûte au chalet des ministres, où nous trouvons d'autres skieurs qui étaient hier avec nous au gîte, mais qui sont venus dans le Risoux en voiture. Nous continuons dans la forêt en direction des Rousses. Là encore nous abandonnons le trajet officiel de la GTJ qui passe en vallée, pour rester le plus possible dans la forêt et profiter de son bon enneigement. Nous arrivons tant bien que mal aux Rousses. Là, nous chaussons les baskets, et c'est skis sur le sac que nous traversons les Rousses. Nous longeons un moment la route, puis nous coupons à travers champs pour rejoindre le gîte (la Grenotte) où on arrive vers 16h40 après une bonne journée de ski et marche. Le gîte est agréable, plein de bandes dessinées, et le dessert est fantastique.

La trace de la journée.



Départ de la maison de la combe de la Cive.








Après la Chapelle des bois, la neige devient intermittente.








Joli panorama sur de petits lacs. Nous allons dans la forêt à gauche, pour rejoindre la forêt du Risoux.





Dans la forêt du Risoux, la neige est de nouveau là.




Puis elle disparait de nouveau en descendans sur Les Rousses.





Pour rejoindre le gîte, nous devons marcher un peu à travers champs.




Mercredi 3 février 2016

Le matin encore dans le lit, nous entendons la pluie qui tombe sur le toit et qui glougloute dans les gouttières. Pas envie de se lever ! Mais Christian est ponctuel comme tous les matins. Pendant que nous savourons le bon petit-déjeuner, la pluie se transforme en neige, conformément aux très bonnes prévisions de Météo-France. Le sol blanchit lentement. Nous partons vers 9h20 sur un vestige de piste. Quand nous entrons dans les bois vers les Jouvencelles, l'enneigement est bon, les pistes sont damées, ça ski bien, et pour une fois il y a un peu de monde. Nous attaquons alors la longue montée vers le Carrefour du Massacre, dans la forêt du même nom. Christian a un peu de peine avec son ski sans semelle qui glisse mal et qui botte. Arrivé au carrefour du Massacre, la neige commence à tomber fortement. Ensuite, longue ligne droite légèrement descendante en direction de Lajoux. Sur la fin, il n'y a plus de couche de fond, uniquement les 5 ou 6 cm qui sont tombés depuis le matin. Du coup, on raye un peu les skis. Sous la neige qui tombe dru, nous nous recouvrons d'une croûte neigeuse. Nous nous arrêtons au bar restaurant le Chariot à Lajoux pour manger un petit plat chaud, et nous sécher un peu. Ensuite nous allons au magasin Mermet Sport pour voir si il est possible de faire réparer le ski de Christian. Apparemment, la situation est désespérée, il n'est pas possible de recoller toute la semelle. Mais M. Mermet propose une paire de skis neufs, sur lesquels il pourra monter les anciennes fixations de Christian. Les skis seront prêts demain, il prête à Christian une paire en attendant pour rejoindre le gîte. Il neige toujours, les pistes ne sont pas damées, nous repartons, Christian loin devant avec ses skis. Nous faisons quelques aller-retour avant de trouver le gîte où nous arrivons vers 16h45. Bernard, qui tient le gîte, est très sympathique. Dans la cuisine trône un imposant poêle à bois qui fait aussi office de chauffage central. Très bon repas.

La trace de la journée.



Au-dessus du gîte passe un reste de la GTJ.




Le gîte est visible en arrière-plan.




Le beau panneau de la forêt du massacre.




Il commence à bien neiger.




Un peu avant Lajoux.





J'étais passé au même endroit, 10 jours plus tôt. Le paysage est un peu différent !





La neige botte sous le ski de Christian.




Arrivée à Lajoux.




Dans le gîte, un beau poste de radio (pas bougé depuis 1936).




Et un poêle à bois qui fait aussi chauffage central !



Jeudi 4 février 2016

Christian et moi partons à Lajoux sitôt la fin du petit-déjeuner pour récupérer ses skis, et rendre ceux qui lui ont été prêtés. Il y a maintenant une vingtaine de centimètres de neige fraîche. Rien n'est tracé, c'est très chouette, mais pas idéal pour moi qui suis en skating. C'est bien agréable également de skier sans sac, nous les avons laissés au gîte où nous attends Jeff. Une fois les skis récupérés, nous repassons au gîte, et partons vers 9h45 sur le tracé de la GTJ. La neige est profonde, c'est très beau, la piste serpente au fond de belles combes et a proximité de fermes massives. J'ai des soucis avec mes fixations qui se remplissent de neige et s'ouvrent toutes seules. Je bricole un peu, ça tient un moment et ça recommence. Il y a encore quelques bonnes averses de neige. Nous faisons une pause casse-croûte dehors, au milieu d'un petit bois. Le balisage est très bien fait, impossible de se perdre, heureusement car la visibilité n'est pas fameuse. Il neige toujours par moment, mes fixations n'arrêtent pas de s'ouvrir, mais nous sommes très contents de ce magnifique parcours dans ces conditions sauvages. Nous sommes presque un peu déçus d'arriver déjà au gîte Le Berbois, un peu avant 16h.

La trace de la journée.




Au départ du gîte le matin, pour aller chercher les nouveaux skis de Christian.




Cette fois, la neige est là.




Le plaisir de faire sa trace.




Et les belles maisons du Jura.




Dans la forêt.




Un arbre les pieds dans l'eau.




Petit point de situation.





Un bel arbre idéalement situé.




Le même, en septembre 2015.




Quelques belles maisons.







Vendredi 5 février 2016

Le matin le ciel est tout bleu et le soleil brille, pour la première fois de cette traversée. Avec la neige fraîche, c'est presque miraculeux ! Il ne fait pas froid, les arbres exposés au soleil dégouttent déjà. Nous nous écartons de la GTJ pour aller admirer le panorama depuis la Borne au Lion, et même un peu plus loin sur la piste qui fait un beau belvédère sur les sommets du Jura (le Crêt de la Neige et le Reculet). Nous repartons sur le trajet de la GTJ pour une longue descente (avec quelques montées tout de même) vers Giron. La piste est parfois damée, parfois non. Il y a quelques cailloux, il faut être prudent, et les descentes ne sont pas toujours faciles à négocier. La forêt est bien belle, et l'enneigement avant Giron est assez bon. Arrivés au départ des pistes, nous longeons un peu la route à skis puis à pied, puis nous faisons une dernière descente à skis dans un champ pour gagner le village. Nous prenons un petit plat chaud dans le bar/restaurant du village en attendant un taxi qui doit nous conduire à la gare de Bellegarde (il n'y a pas de bus). À la gare, Jeff achète un billet, Christian n'arrive pas à changer le sien pour un train plus tôt et doit donc attendre presque 2 heures, et j'arrive à négocier avec le contrôleur pour monter dans le TGV pour Genève (ce qui est apparemment interdit, Lyria refuse de vendre des places pour ce trajet alors qu'il y a plein de places libres. Lors de ce voyage, nous étions 3 dans le wagon...). Nous nous quittons donc un peu précipitamment, mais nous avons déjà des idées pour recommencer ça l'année prochaine (surtout que Christian à maintenant des skis neufs...).

La trace de la journée.




Au matin, soleil sur la terrasse.




De la Borne au Lion, au loin dépasse le Crêt de Chalam.





L'arrivée sur Giron.



En complément il faut regarder aussi le diaporama de Jeff. 


La carte du trajet («le trou» entre Métabief et Mouthe a été fait en voiture).



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