Deux jours sur la GTJ VTT, juin 2018




Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Vendredi 29 juin: Ornex - Trelex (environ 21 km sur route), puis environ 80 km sur la GTJ, avec 1900 m de dénivelé

Voilà un petit moment que j'ai envie de tester la GTJ (Grande Traversée du Jura) à VTT (après l'avoir fait à ski il y a quelques années). Elle à la réputation d'être relativement facile. Je n'ai pas de VTT, mais je pense que je pourrai passer avec mon vélo gravel récemment acheté . Je suis assez fatigué de ma semaine, un peu mal aux genoux, pour avoir fait un entraînement un peu trop long mercredi soir. Je prépare quand même mes affaires, mais décide de ne partir que 2 jours, pour rentrer samedi soir et pouvoir me reposer dimanche. La météo s'annonce belle pour le week-end, je prépare donc mes affaires pour être autonome (tente, duvet, réchaud, nourriture, eau). Le vélo est donc un peu chargé (2 sacoches, mais rien sur mon dos) quand je pars de la maison vendredi matin. La bise qui souffle depuis 3 jours ne s'est pas encore tout à fait calmée, je vais l'avoir plein nez sur mes premiers 20 km entre la maison et Trelex, un petit village au-dessus de Nyon où je vais prendre le train qui monte à La Cure. Ce sont 20 km sur petites routes et routes forestières, qui traversent de beaux villages, notamment après Divonne-les-Bains. Je vois deux grandes oreilles dépasser d'un champ de blé. Intrigué, je m'arrête, et c'est un chevreuil qui lève la tête, tranquillement en train de prendre son petit-déjeuner. J'arrive bien en avance à la gare, j'essaie de comprendre si je dois payer pour mon vélo. Il semble que oui, le prix est le même que pour un passager, ce n'est pas donné !!
Depuis La Cure, je rejoins rapidement le tracé de la GTJ, c'est tout de suite très beau. Le sol calcaire est bien «tapant», et dans les montées trop raides je dois pousser parfois, il me manque une ou deux vitesses avec un petit développement. J'arrive à Lajoux trop tard pour passer à la fromagerie (qui ferme entre 12h et 16h), alors je mange au Chariot, où je retrouve les habitués de l'hiver. Seule différence, la télé diffuse du vélo au lieu du ski de fond habituel. La tarte aux abricots maison est délicieuse. Je fais attention à la gestion de l'eau, j'ai deux bidons de 1,2 litres, j'en garde un plein pour la cuisine ce soir, et je bois dans l'autre en le remplissant à chaque fontaine que je trouve. Cela fonctionne bien, il y a assez de fontaines. La saison des foins bat son plein, diffusant une agréable odeur. Dans les prés fauchés, l'herbe sèche au sol ou les bottes sont déjà prêtes, dans d'autres l'herbe est haute et fleurie. Les bottes ne sont pas emballées dans du plastique hideux, sans doute à cause de l'AOC Comté. La suite du trajet m'est en partie connue, pour l'avoir pratiqué à ski de fond ou en balade à pied, mais toujours aussi belle. Je passe à côté d'un troupeau de bisons avec des petits un peu avant La Pesse, puis au mémorial de la Borne au Lion, avec un panorama toujours splendide. Je commence un peu à fatiguer, mais heureusement j'arrive au bout du massif, et j'entame la grande descente vers Giron puis Saint-Germains-de-Joux. Ensuite commence la remontée sur le plateau du Retord, j'en bave un peu, je n'ai plus de courage. J'arrive tout de même à Poizat, un joli village, Je continue un peu, mais je vois un champ accueillant, plat, et où les foins ont été fait, je m'y arrête pour la nuit. Il est 19h, je suis parti à 8h30, ça suffit. En montant la tente, je continue de transpirer à grosses gouttes. Je prépare le repas, je vois un renard en maraude, il y a des moutons avec des cloches dans un champ proche, tout est calme. Il fait encore chaud, mais je m'endors vite. Je suis réveillé au milieu de la nuit par les moutons qui sont tout agités, leurs cloches sonnent en pagaille. Heureusement, ça ne dure pas, ou alors je me rendors plus vite qu'eux...



Le train et le vélo à La Cure. À noter, le bel écusson sur
le vélo, hommage à mon grand-père.




Devant la gare, prêt au départ.




C'est tout droit.





Un peu avant la Pesse, les doux champs du Jura. Un endroit où je passe souvent en hiver.





Le magnifique panorama depuis la Borne au Lion.





Un chemin prometteur.




Les doux reliefs du Jura.




Un étrange chapelle en bois.




Une belle allée herbeuse.




Sur le chemin vers Giron. À droite, les falaises qui donnent sur la Valserine.




De l'autre côté, le plateau du Retord où je vais remonter.





Le bivouac.




Au petit matin, depuis la tente, le jour se lève.



Samedi 30 juin: environ 75 km sur la GTJ, 1500 m de dénivelé, puis Genève - Ornex sur route (environ 8 km)

Je suis réveillé par le jour assez tôt, je mange rapidement (des biscuits), puis je lève le camp vers 6h30. J'espère trouver un endroit où faire une pause pour prendre un vrai petit-déjeuner. La nature est très belle dans la lumière du matin. La GTJ emprunte une route, c'est très agréable de rouler dans la forêt sans aucune voiture. Je dérange quelques chevreuils. Je prends un petit raccourci pour gagner le col de Cuvery, j'arrive sur le plateau du Retord et c'est vraiment splendide. De grands champs fleuris, des forêts, le soleil rasant et des nappes de brume dans les creux, tout est beau. Au col, je ne trouve ni eau ni endroit ou prendre un petit-déjeuner, dommage. Je continue alors en direction des Plans-d'Hotonnes, à travers pâturages et forêts. Aux Plans, même chose, ni eau ni pique-nique. Ma gourde est bientôt vide, ça m'inquiète un peu. Je décide de prendre un petit raccourci par la «GTJ light» pour rejoindre un peu plus vite le tronçon suivant que je retrouve au Jorat. Forêts, et une longue montée vers le col du Cuvillat. Je transpire et je n'ai plus d'eau. Heureusement, je vois des randonneurs qui sortent d'un chalet, et je leur demande s'ils peuvent me donner de l'eau, ce qu'ils font gentiment. J'arrive ensuite à l'auberge de La Praille, qui vient d'ouvrir. Je peux prendre un petit-déjeuner (un peu tard car il est maintenant 10 h passée, mais bon...), et reremplir ma gourde. Me voilà rassuré, et je repars en forme. Je suis même tellement en forme que je suis tout surpris de faire le tronçon suivant dans un temps bien plus court que celui donné dans le topo. Pour les autres tronçons, je respectais le temps où faisait un peu plus court, mais pas 2 fois plus court ! En bas d'une descente, je m'aperçois que j'ai perdu mon bidon, j'ai été trop secoué. Je remonte à pied, et je manque d'abandonner, mais ouf, après environ 10 mn, je le retrouve. Il est vrai que sans aucune suspension, je suis secoué comme un prunier !
Malgré cela, je suis en avance sur mon planning, je peux prendre un peu plus le temps. Je suis là à l'ouest du plateau du Retord, un endroit où je n'étais jamais allé. Le tronçon suivant, qui est le dernier du topo, est absolument magnifique. J'arrive aux gorges de Thurignin qui sont splendides et fraiches. J'en profite pour faire une petite pause, et me tremper dans la rivière qui s'enfonce dans un canyon profond et très étroit. Dans les vasques au soleil, des grenouilles se prélassent. En bordure de la rivière, les arbres sont tout moussus, l'endroit est vraiment magique. Pour repartir il y a par contre une montée très très raide où il faut pousser voir porter le vélo, c'est le seul endroit du parcours où je tombe. On est content de sortir de la gorge, et on découvre alors une belle vue sur le Grand-Colombier qui plonge sur Culoz. Dans une petite descente, on arrive d'un seul coup sur la fontaine de l'Adoue et sa chapelle, un lieu très beau et émouvant. La température commence à augmenter sérieusement en approchant de la plaine. Le tracé a la bonne idée de nous faire passer sur les berges d'un petit ruisseau, à l'ombre, et c'est par ce chemin agréable qu'on arrive à quelques km de Culoz. Pour le final, il faut reprendre une route, mais heureusement pas très longtemps. Il est environ 14h30 quand j'arrive à la gare, il y a un train pour Genève dans une heure. Je vais en ville chercher un endroit ouvert, en fait il n'y a pas grand-chose. Un bar me dit qu'il ne sert rien à manger, et qu'il n'y a nulle part en ville où trouver à manger. Je prends donc une menthe à l'eau. Puis 15 mn plus tard, il me propose une omelette, que j'accepte. Puis encore après, une tarte aux pommes. Très sympathique, mais drôle de manière de faire. Enfin, le train arrive pour Genève. Le fourgon vélos est assez plein, mais on se débrouille. Arrivé à Genève, il ne me reste plus qu'à faire les 8 km qui me séparent de la maison, et me voilà rentré...



Au petit matin, plaisir de filer sur les chemins blancs.




Magnifique lumière en arrivant sur le plateau.



Dans la lumière du petit matin, les pâturage du Retord semblent d'un autre temps.





Encore une piste qui invite à le parcourir.





De magnifiques maisons dans le Valromey.





Un grand troupeau d'ânes heureux.




Toujours la beauté des chemins.




Dans les gorges de Thurignin.




Pause fraicheur.









A Vieu, belle église romane et chateau.





Le magnifique site de la chapelle et de la fontaine
de l'Adoue.








Le magnifique site de la chapelle et de la fontaine de l'Adoue.





En point de mire, le Grand Colombier.





Avant Culoz, le chemin est ombragé et au bord d'un ruisseau.





Cette fois, je suis bien dans la vallée. Au fond, le Grand Colombier qui plonge sur Culoz.





Vue générale de l'itinéraire. En rouge, le premier jour, en bleu le second. Cliquez pour voir en plein écran.



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