Ski de randonnée en Haute Maurienne, avril 2017




Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Merci à Didier qui a encore une fois tout organisé. Georges récupère d'une blessure et Christian est retenu par son travail, nous ne sommes donc que deux pour ce tour.



Vendredi 7 avril: de Bonneval-sur-Arc (1860 m) au refuge des Evettes (2591 m)

Didier est arrivé hier en train à la maison. Nous partons en voiture en début de matinée pour Bonneval-sur-Arc où nous arrivons vers 12h30. Il fait grand beau temps, les faces sont blanches de la neige tombée le week-end précédent (environ 50 cm). Nous partons pour le refuge des Evettes, par un long plat d'abord, jusqu'au joli hameau des Écots. La pente se redresse alors franchement pour rejoindre assez rapidement le refuge des Evettes. J'aime bien ce refuge, je pense que c'est le premier refuge dans lequel j'ai passé une nuit, quand j'étais gamin, il y a bien longtemps. Depuis, il n'a pas du tout changé. Enfin, la vue y est toujours aussi belle. Il y a pas mal de monde ce soir. Le coucher de soleil nous donne un beau spectacle.

La trace de la journée.



Départ sur la route de l'Ecot, les arbres ont déjà leurs boutons.





Le refuge des Evettes, niché au-dessus du plan du même nom.





Couché de soleil depuis le refuge. A gauche le grand Séti, au fond la muraille d'Italie et l'Albaron.





Couché de soleil sur le refuge.




Samedi 8 avril: du refuge des Evettes (2591 m) au col puis au sommet de la petite Ciamarella (3540 m) puis refuge Gastaldi (2660 m)

Nous partons du refuge vers 7h, d'abord par une descente pour rejoindre le plan des Evettes où nous mettons les peaux. Nous allons au fond du plan, contre la muraille d'Italie, pour attaquer la montée vers le col de la petite Ciamarella. La plupart des autres personnes montent vers la selle de l'Albaron, mais la trace que nous suivons est tout de même bien marquée, dans la neige assez profonde. Cela nous facilite bien la montée. Nous trouvons le soleil au col. Nous mettons les crampons pour monter au sommet de la petite Ciamarella (3540 m), par l'arête d'abord en neige puis avec un petit passage en rochers. Nous retournons au col. Un groupe de deux jeunes avec un guide, qui nous ont précédés, commence à monter sur l'épaule de la grande Ciamarella en face. Il n'y a aucune trace, et la face n'est pas purgée, nous sommes un peu inquiets. Mais le groupe fait demi-tour avant d'attaquer la grande traversée exposée au-dessus de barres. Quant à nous, nous attaquons la descente, un peu raide au départ, pour descendre plein sud en direction du Pian Gias (nous sommes en Italie). Le paysage est très beau, ouvert, et la neige transformée, c'est magnifique. Nous traversons ensuite en direction du refuge Gastaldi, puis nous devons remettre les peaux pour une remontée courte mais raide, en plein soleil, pour rejoindre le refuge Gastaldi. Nous ne sommes pas très nombreux, et hormis les deux gardiens, il n'y a aucun italien. Apparement, l'accès depuis l'Italie est difficile et exposé, c'est pourquoi les seuls accès en cette saison se font par le haut, depuis la France.

La trace de la journée.



Levé du soleil sur le plan des Evettes.




Montée sous de petits séracs.




Sur le plan des Evettes, le soleil se lève sur l'Albaron.





Didier au col de la petite Ciamarella.




Philippe au col de la petite Ciamarella.




Didier arrive vers le sommet.




Sous le sommet.




Crampons aux pieds, début de la redescente au col.





Départ depuis le col de la petite Ciamarella. À droite, la grande Ciamarella.





Descente dans un magnifique paysage.




Traversée pour rejoindre le pied du refuge.




Arrivée au refuge Gastaldi.





L'entrée du refuge est bien enfouie sous la neige.




Dimanche 9 avril 2017: refuge Gastaldi (2660 m), col d'Arnès, Pointe Marie (3315 m), descente à 2700m puis montée à l'Ouille d'Arbéron (3554m) et descente au refuge d'Avérole (2200 m)

Petit-déjeuner à 6h, dehors le soleil se lève sur un ciel immaculé. Après nous être bien restaurés, nous partons d'abord par une petite descente d'une centaine de mètres, jusqu'à environ 2570 m d'altitude. Nous mettons les peaux pour monter au col d'Arnès. Nous devons quitter les skis pour franchir quelques rochers et prendre pied sur le glacier d'Arnès. Nous attaquons alors une montée traversante vers la Pointe Marie (3315 m) où nous sommes vers 9h30. La vue est très belle, le Cervin et le Mont-Rose sont visibles. La descente est en poudre magnifique, nous faisons un festival de godille, c'est un vrai plaisir. Comme il est encore tôt, nous nous arrêtons au niveau d'un replat vers 2700 m environ, et nous remettons les peaux pour remonter vers l'épaule de l'Ouille d'Arbéron. C'est une longue remontée dans une trace bien marquée. Arrivés à l'épaule, il nous reste environ 300 m. Nous faisons un petit dépôt dans la neige pour alléger le sac, et nous repartons. Il commence à y avoir des cumulus. Nous montons sur l'épaule, qui n'est pas très large, nous faisons un nombre incroyable de conversions avant d'atteindre le sommet (3354 m). Du sommet, la vue est très belle malgré les nuages qui cachent les sommets lointains. Nous dominons directement la Pointe Marie où nous étions plus tôt, on voit aussi le refuge Gastaldi d'où nous sommes partis, et le refuge d'Avérole où nous allons. Pour la descente, nous attaquons directement dans la grande face exposée sud-sud-ouest. La neige est transformée, c'est génial. Nous retrouvons notre dépôt et rechargeons les sacs. Dans le reste de la descente, nous arrivons à trouver des passages en poudre et d'autres en neige transformée, c'est très agréable. Une dernière petite remontée, et nous atteignons le refuge d'Avérole. La terrasse est sympathique, nous prenons une crêpe et du fromage blanc avant d'aller faire une petite sieste. Il y a un local pour sêcher les affaires, le repas est très bon, les tenancières sympa, c'est sans doute le meilleur refuge de ce tour, juste devant celui du Carro.

La trace de la journée (attention, il y a un petit problème au départ du refuge).



Levé de soleil sur la petit niche abritant une vierge, face au refuge.





Le soleil se lève quand nous partons.








Jeux de lumière.





Dans la montée du col d'Arnès.





Au sommet de la Pointe Marie.








Jeux de godille dans la poudre sous la Pointe Marie.





Didier sur l'épaule de l'Ouille d'Arbéron.




Au sommet, Didier.




Au sommet.




Dans la descente, le sommet est visible tout au fond.



Lundi 10 avril: du refuge d'Avérole (2200 m) au sommet de l'Albaron (3637 m) puis descente à Bonneval-sur-Arc (1800 m) par le glacier du Vallonnet

Nous sortons du refuge à 6h50, sous un ciel toujours immaculé. Nous partons en direction de l'Albaron, derrière un groupe de 5 hollandais. Après un moment, ils partent à gauche en dehors des traces, alors qu'il y a de belles traces de montée un peu devant nous à droite. Nous décidons de les rejoindre. Plus haut, Didier réalise que nous ne sommes plus sur le bon itinéraire, mais que nous sommes en train d'aller en direction du passage du Colerin. Nous devons rejoindre le vallon suivant. Nous mettons les couteaux et nous coupons sur une épaule à gauche. Nous devons descendre un peu (finalement, une centaine de mètres environ, mais toujours avec les peaux et les couteaux...) puis nous trouvons un passage qui nous permet de retrouver le bon vallon. Les hollandais ne sont pas loin devant. Longue remontée avec en point de mire un petit col avec une petite corniche à franchir. Nous doublons le groupe des hollandais (l'un d'eux à fait une petite glissade sans conséquence dans la pente sous le col), et nous montons au pied du petit ressaut rocheux final qui donne accès à sommet. Un petit groupe (qui vient sans doute du refuge des Evettes par la selle de l'Albaron) est en train de franchir le ressaut en rappel. Nous montons en nous aidant des cordes fixes et nous arrivons directement au sommet (3637 m). La vue est très belle, mais quelques cumulus empêchent de profiter des sommets lointains. Comme nous n'avons pas de descendeurs pour faire la descente en rappel, nous révisons notre demi-cabestan (on se rend compte qu'on en a bien besoin !). Nous redescendons donc le ressaut rocheux, d'abord sur la corde fixe puis avec notre rappel. Nous commençons alors la grande descente, vers le col du Grand Fond puis sur le glacier du Vallonnet. La neige est très trafollée, pas très agréable à skier. En sortie du glacier nous devons passer dans un petit goulet assez étroit. Didier se retrouve les skis coincés entre deux rochers, il a un peu de peine à se dégager, il doit s'aider de son piolet. Nous poussons un peu sur les bâtons, et nous rejoignons les pistes de ski de Bonneval-sur-Arc. Arrêt dans un restaurant d'altitude pour un petit repas en terrasse. Nous allons alors à Bonneval, où nous nous installons dans le petit refuge CAF qui se trouve en ville. Nous y sommes seuls, nous pouvons prendre notre première douche depuis le départ et mettre des vêtements propres pour la suite de la semaine. La pizzeria en face du refuge est fermée le lundi, nous devons donc cuisiner nous même. Soirée calme.

La trace de la journée, y compris notre petite erreur d'itinéraire.



Départ du refuge alors que le ciel s'illumine.





Le soleil accroche les sommets.





En arrière plan, le sommet de Charbonnel.




Autoportrait ombrageux.




Didier peu avant le passage du petit col donnant accès à la pente finale.





Didier approche du sommet.





Didier monte dans les cordes fixes...




tandis que d'autres descendent en rappel.




Vue panoramique au sommet.





Nous deux au sommet.




Didier installe le rappel.




Début de la descente. En arrière plan le sommet et le ressaut rocheux.





En haut du petit couloir.




Didier dans le couloir.




Sous la face que nous venons de descendre, par le couloir juste au-dessus de Didier.




Mardi 11 avril: de Bonneval-sur-Arc (1800 m) au refuge Carro (2760 m)

Pour cette journée de repos, nous avons mis exceptionnellement le réveil à 7h, mais nous sommes réveillé bien avant. Nous partons tranquillement en fond de vallée, d'abord par le même chemin que celui pris il y a quelques jours pour aller aux Evettes. La neige a déjà bien fondu sur le chemin. Les marmottes sont sorties de leurs terriers, nous voyons des familles entières. Certaines ont tellement maigris qu'on les prends pour des petits ( vérification faite, les petits naissent en juin et sortent du terrier en juillet). Nous voyons aussi une horde de chamois joueurs, sans doute les jeunes éterlous de l'année dernière. La météo avait prévu un ciel couvert, mais il fait encore assez beau et chaud. Nous faisons une pause casse-croûte à côté d'un beau chalet (aux chalets de Léchans) puis nous atteignons le refuge du Carro (2760 m). Nous serons une trentaine de personnes ce soir, mais nous avons une chambre individuelle. Très bon repas, et magnifique coucher de soleil sur les sommets de l'Albaron et de la grande Ciamarella.

La trace de la journée (avec un point erroné au départ).



La route s'est bien déneigée depuis vendredi.





Vue sur le fond de la vallée.





Le plan du Mulinet, avec le grand Séti au fond.




Une belle plaque émaillée à l'entrée du refuge.




Couché de soleil. L'Albaron et la grande Ciamarella sont encore au soleil.




Mercredi 12 avril: tour et sommet de la Grande Aiguille Rousse (3482 m) depuis le refuge Carro (2760 m)

Nous sommes de plus en plus efficaces le matin, et nous partons vers 6h40, sous un ciel de nouveau tout bleu, mais avec un petit vent frais. Nous montons en direction du Pas du Bouquetin. Nous mettons les crampons et les skis sur le dos, et nous attaquons la montée très raide. À un moment nous sommes obligés de passer dans une ancienne trace de coulée, et la neige y est particulièrement dure, seule la pointe des crampons rentre. Je suis pris d'une mini-crise de peur, je me rapproche de rochers où la neige est plus molle, ce qui me permet de me faire une petite plateforme pour mes pieds. Je reprends mon calme et mon souffle, et je repars. Au-dessus, Didier avance calmement comme un métronome. Un moment, il est survolé par un magnifique Gypaète, très beau dans le soleil. Nous atteignons enfin le haut du couloir, je suis soulagé. Il est à peine 8h30. Nous faisons le point sur la carte, nous mettons quelques minutes à nous repérer. Nous devons descendre un peu puis passer une crête par une descente bien raide pour rejoindre le glacier des Sources de l'Isère. Nous le descendons jusqu'à 2950 m d'altitude environ, pour rejoindre la voie normale de montée depuis le refuge de Prariond. Nous remettons les peaux pour reprendre la montée. Le vent forcit, au col il devient franchement désagréable. Nous finissons par atteindre le sommet de l'aiguille, et là, miracle, il n'y a presque plus de vent. Le gypaète repasse plusieurs fois. Nous restons un bon moment au sommet, en discutant avec un couple qui est là aussi. Nous attendons que la neige de la face sud décaille un peu. En effet, le début de la descente est exposé au-dessus de barres rocheuses, nous préférons que la neige ne soit pas trop dure. Après environ 45 mn d'attente, nous commençons la descente, pas directement dans la pente, la neige est toujours trop dure. Un peu plus bas, la neige est transformée et la descente est agréable. Nous trouvons le passage dans un petit couloir, puis le parcours est très joli sous de belles barres de rocher couleur caramel. Une petite remontée dans la neige qui commence à bien ramollir, et nous revoilà au refuge. Ce soir nous ne sommes que 10, la soirée est calme...

La trace de la journée.



Le soleil se lève et la lune se couche. Au loin, le refuge.





Le refuge du Carro.




La grande aiguille Rousse. À sa droite, le couloir du pas du Bouquetin




Ombres et lumières, tout est magnifique.





À l'attaque du couloir.




Plus haut, Didier est loin devant.




Pas fâché d'arriver en haut !




Didier est plus relax.




Nous faisons un petit point d'orientation...




puis attaquons la descente.




Remontée sur l'épaule de la grande Aiguille Rousse.




Nous deux au sommet.




Descente toujours dans un paysage magnifique.




Passage sous de jolies barres.



Jeudi 13 avril: du refuge Carro (2760 m) à Bonneval-sur-Arc (1800 m) par la Levanna Occidentale (3593 m) et le glacier du Mulinet.

Pour notre dernière journée, nous partons du refuge comme hier vers 6h40. Il fait toujours beau, et le vent est moins fort qu'hier. Nous montons en direction de la Levanna Occidentale. Le vent se renforce à mesure que nous nous élevons. Les derniers mètres pour atteindre le sommet se font à pied, sur l'arête. Au sommet se trouve une étrange structure métallique, peut-être un ancien point géodésique ? Avec le vent, nous ne nous attardons pas. Nous redescendons sur la neige encore bien dure jusqu'au col des Pariotes, puis nous traversons le bas du glacier des Sources de l'Arc pour arriver au pied du col de Trièves. Nous sommes seuls dans ce bassin glaciaire immense. Nous remettons les peaux vers 2700 m d'altitude pour remonter au col de Trièves, vers 3000 m d'altitude. Nous sommes au-dessus du glacier du Mulinet. Au fond, la trace continue en direction du col du Grand Méan pour redescendre ensuite sur le refuge des Evettes. Nous préférons descendre par le glacier du Mulinet. La neige est transformée, et la descente est très agréable. Nous devons trouver un passage entre de petites coulées qui se sont formées sur des pentes rocheuses qui se réchauffent au soleil. La vue est magnifique. Nous atteignons avec regret le fond de la vallée, au niveau du hameau de l'Écot. Dernier pique-nique sur des rochers face au joli hameau, puis nous arrivons tant bien que mal à trouver assez de neige pour nous laisser glisser jusqu'à Bonneval-sur-Arc. Nous retrouvons la voiture, et c'est la fin de cette belle semaine. Je dépose Didier à la gare de Chambéry, et rentre à la maison. En une semaine, tous les arbres ont fait sortir leurs feuilles, les fleurs ont éclos, tout est beau aussi dans les vallées.

La trace de la journée.



Les premiers sommets s'illuminent tandis que la lune se couche.





Le refuge, la grande Aiguille Rousse au soleil, et le pas du bouquetin.




Deux personnes nous précèdent sur l'arête de la Levanna Occidentale.




Didier sur l'arête.




Philippe au sommet.




Sur l'arête sommitale. Nous posons les skis pour finir à pied.





Didier au sommet devant la structure metallique.





Sur l'arête sommitale, Didier redescend aux skis.





Au col de Trièves, fin de notre dernière montée de l'année.








La descente est très belle dans ce glacier sauvage.















En bas du glacier du Mulinet, sur le plan.




Pique-nique en face du hameau de l'Ecot.




Vue générale de l'itinéraire. Cliquez pour voir en plein écran.



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