Ski de randonnée dans l'Ortler, avril 2018




Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Merci à Didier qui a encore une fois tout organisé. Georges et Raymond participaient également à ce tour.



Vendredi 20 avril: d'Ornex au refuge-hôtel del Forni à Santa Caterina Valfurva dans l'Ortler, en Italie

Les copains sont arrivés hier soir à la maison, après déjà environ 5h de route depuis Paris. Cela fait longtemps que Georges et Didier parlaient de l'Ortler, une petite dizaine d'années peut-être, mais pour diverses raisons, cela n'avait jamais été concrétisé. Et pour cette année, tout était ok, mais la grève des trains force les Parisiens à faire le trajet en voiture. Pour moi, le trajet en train n'était pas très pratique (pas de train de nuit, et donc nuit d'hôtel obligatoire à Milan ou ailleurs), du coup je profite un peu du trajet en voiture. Malgré tout, le trajet se révèle très long, environ 9h. Heureusement, la beauté du paysage compense un peu cette longueur: nous traversons intégralement la Suisse (Bern, Zurich, Coire), puis passons le JulierPass pour rejoindre Saint-Moritz puis le Bernina Pass pour Tirano. Magnifiques points de vue sur le massif de la Bernina, dont Didier et Georges ne manquent pas de commenter tous les sommets. Arrivés en Italie, il ne nous reste plus qu'à remonter la vallée jusqu'à Bormio, puis Santa Caterina Valfurva, et finir enfin par une petite route très raide qui mène au refuge-hôtel del Forni. Nous arrivons en fin d'après-midi, moulus par ce trajet. L'hôtel est confortable, le paysage très beau, la météo aussi, et le repas est bien. Que demander de plus ?



Le refuge del Forni, un peu kitch...





mais dans un cadre magnifique.




Samedi 21 avril: du refuge del Forni (2150 m) au Monte Tresero (3594 m) en aller-retour

Petit-déjeuner à 4h30, nous partons dans la nuit noire à la frontale. Le jour se lève une vingtaine de minutes après notre départ, alors que nous quittons le petit chemin étroit qui part du refuge. Le ciel est tout bleu, la dizaine de personnes qui sont parties du refuge en même temps que nous se sont dispersées dans la montagne. Nous montons dans un petit vallon étroit, puis arrivons au glacier dont les crevasses sont bien bouchées. Il commence à y avoir du monde, pas mal de «collants-pipette» qui montent rapidement. Nous passons à droite de grands séracs, pour atteindre une bonne pente un peu raide, puis par une petite traversée, le sommet. La vue est très belle, le sommet domine un large bassin glaciaire de toute beautée. Par contre, je ne reconnais aucun sommet, je suis un peu perdu dans ce massif, en général dans les alpes françaises ou suisse j'arrive toujours à trouver des repères, mais ici rien, c'est un peu perturbant. La descente est très agréable avec une bonne neige légèrement transformée et dans un très beau paysage. De retour au refuge, il y a pas mal de monde, nous sommes samedi soir et pas mal d'italiens sont venus pour profiter du beau temps annoncé pour le lendemain.



Nous quatre et un italien.




Raymond en pleine action.




Didier dans la grande pente.





Raymond arrive au sommet.




Puis Georges.




Raymond et Didier au sommet.





Didier skis aux pieds près à partir.




Dans la descente.




Petite pause dans la descente, avec vue sur le sommet et le beau bassin glaciaire.









Fin de la descente, en neige transformée.



Dimanche 22 avril: refuge del Forni (2150 m), Monte Pasquale (3553 m) et descente au refuge Pizzini et Fratolla (2700 m)

Départ à la même heure qu'hier et tout d'abord par le même chemin, mais cette fois avec le sac plein car nous allons changer de refuge. Nous bifurquons vers la gauche pour passer à côté du refuge Branca. Il y a beaucoup de personnes qui en sortent, c'est un peu la foule. Nous remontons dans des reliefs doux, c'est un peu long, puis nous atteignons une pente qui se redresse fortement pour rejoindre un large couloir qui mène à un large col peu en dessous du la cime du Monte Pasquale. Il y a pas mal de monde, j'attends les copains au col sur de larges pierres chauffées par le soleil, c'est bien agréable. Nous montons ensemble au sommet, il y a une belle vue, mais un peu de monde. Nous descendons ensuite par le glacier «Vedretta di Cedec», avec de superbes séracs, pour rejoindre le refuge Pizzini et Frattola.



Nous partons alors que les sommets s'illuminent.





La traversée pour arriver au col.




Depuis le sommet, vue vers le col et la grosse corniche.




Vue depuis le col, sous le sommet du Pasquale.





Georges et Didier au sommet.




Les ruines d'une cabane quasiment au sommet.




Dans la descente, passage sous de beaux séracs.










Descente sous les séracs du Cévédale.





Fin de la descente. Au loin, le refuge.





Première vue du Gran Zébru.




Le drapeau flotte sur le refuge.



Lundi 23 avril: du refuge Pizzini (2700 m) au sommet du Gran Zébru (3851 m) en aller-retour

Aujourd'hui grasse matinée car nous prenons le petit-déjeuner à 5h30. Le ciel est toujours dégagé, mais il y a un léger voile nuageux, qui nous fait craindre que la face du Gran Zébru ne chauffe pas assez pour être descendue à ski. Nous progressons facilement jusqu'au pied du couloir qui doit donner accès à la grande pente neigeuse menant au sommet. Nous mettons les skis sur le sac, et chaussons les crampons pour remonter le couloir jusqu'au petit col, le Paso di Botiglia (3293 m). Petit pause, puis nous repartons toujours en crampons et skis sur le sac en direction du sommet dans la grande pente neigeuse. C'est bien raide, et il faut faire attention car les crampons bottent un peu. Nous posons les skis à un ressaut neigeux environ 100 m sous le sommet, et nous finissons l'ascension toujours bien raide. L'arête finale est aérienne, juste sous le sommet il y a les restes d'une cabane sans doute construite lors des affrontements entre italiens et autrichiens au cours de la 1ère guerre mondiale. Georges nous rejoint au sommet, et nous redescendons tout de suite. Il ne faut pas prendre du retard, car la face est exposée est, le voile nuageux s'est déchiré, et la neige commence à chauffer. Nous attaquons donc la descente en ski, la neige est transformée, et la pente bien que raide ne nous fait pas peur, les chutes ne semblent pas trop risquées. Nous rejoignons le Paso di Botiglia, et la neige dans le couloir à suffisamment dégelé pour que nous puissions également le descendre en ski. Nous continuons alors la descente dans une neige bien agréable jusqu'au refuge Pizzini. Comme hier soir, il y a peu de monde. Dans l'après-midi, le temps se couvre un peu.



Départ alors qu'au loin le Gran Zébru s'illumine.





Pause au pied du couloir.




On mets les crampons.




Dans le couloir, vers le haut.




Et vers le bas.




Dans le couloir.





Au col.





Didier à la sortie du couloir.





Sur la grande pente sommitale, quelques nuages passent.





Dans la grande pente sommitale.





Dans la grande pente sommitale.





Raymond, juste après le dépot des skis, moins de 100 m sous le sommet.





Raymond arrive sur l'arête au sommet.




Puis Didier.




Raymond au sommet.





Raymond arrive au sommet.





Didier, et Georges qui arrive sur l'arête sommitale.









Début de la descente, attention à ne pas glisser...




Didier dans la descente.




Georges et Didier arrivent au dépot des skis.




Aux skis, rechausser n'est pas toujours très aisé dans la pente...





Début de la descente à ski, nous sommes sur
le toit du monde.




Le col donnant accès au couloir est en vue.




Nous revoilà dans des pentes plus modérées.







Mardi 23 avril: du refuge Pizzini (2700 m) à la cîme Cévedale (3757 m) et descente au refuge Martello (2610 m)

Comme hier, nous partons alors qu'il fait déjà jour. Le ciel est un peu couvert, les sommets sont accrochés par les nuages, mais heureusement, la neige à tout de même bien regelé. Nous remontons un beau glacier, avec de gros séracs. Nous sommes parfois dans le brouillard, des nuages bas passent. La pente est parfois un peu raide, mais se passe bien avec les couteaux. Une bonne traversée nous mène au pied du sommet, et les derniers mètres se font à pied dans des rochers faciles. Séance photo au sommet, avec un petit groupe de suisses qui semblent enthousiasmés par la gardienne du refuge où nous allons. Au sommet nous sommes de nouveau au soleil, mais nous voyons que les vallées à l'est sont très nuageuses. Nous hésitons un peu sur l'itinéraire pour descendre. Nous commençons la descente à ski, puis nous gagnons une épaule rocheuse que nous devons franchir à pied. Elle nous permet de descendre prendre pied sur le glacier Vedretta del la Forcola, que nous allons descendre longuement. La neige n'est pas très bonne, je suis un peu fatigué, la descente me semble longue. Nous finissons par atteindre le refuge Martello. Dans cette vallée, bien qu'encore en Italie, on parle allemand. Le refuge semble immense de l'extérieur, mais est un peu étriqué de l'intérieur. Nous prenons un petit plat pour nous retaper, des röstis avec des oeufs, miam ! Le soir le ciel se dégage de nouveau, la vue depuis le refuge est très belle.



Départ du refuge dans la lumière naissante du matin.





Le Gran Zébru illuminé à travers la brume.





Toujours le Gran Zébru au fond.




En-dessous un groupe arrive sur le glacier.









Nous progressons sous de beaux séracs.










Encore un très beau point de vue sur le Gran Zébru où nous étions hier.





Toujours dans de beaux séracs.





Raymond arrive sous la croix sommitale.





Didier et Raymond au sommet.




Et Georges depuis le sommet.




Au loin, les vallées sont dans les nuages.




Didier redescend de la petite crête franchie à pied.




Magnifique panorama depuis la fenêtre de la chambre du refuge.





Vue générale du refuge.




Mercredi 25 avril: du refuge Martello (2610 m) au refuge Casati (3269 m) en passant par la Cima Marmotta (3330 m) et redescente sur le glacier del Cevedale (2700 m)

Il fait de nouveau grand beau temps, et nous partons en direction opposée de notre destination finale, pour faire une jolie boucle pour atteindre la Cima Marmotta. Peu après le refuge, un chamois curieux nous regarde passer, dont la silhouette se détache en ombre chinoise sur le ciel. Nous cherchons un peu notre itinéraire, puis nous prenons pied sur un grand glacier Vedretta Alta que nous remontons jusqu'à la Cima Marmotta. La pente se redresse un peu sur la fin, et les 50 derniers mètres se font à pied. La vue est belle ici aussi. La descente se fait d'abord en neige dure pas agréable. Plus bas elle est un peu transformée, c'est mieux. Nous descendons dans un petit goulet, puis par une longue traversée, nous atteignons le glacier Vedretta del Cevedale vers 2700 m d'altitude. Nous prenons le temps de faire une vraie pause casse-croûte sur des rochers (la première de ce tour), sur des rochers au soleil, et nous attaquons la longue remontée du glacier. Nous craignions d'avoir trop chaud, mais il y a un petit vent frais qui nous rafraîchis bien. Nous faisons un petit détour pour passer par la cime des 3 canons, où vers 3200 m d'altitude subsistent encore 3 canons de la 1ère guerre mondiale. Ces canons de 6t chacun ont été montés là en 1918 par 120 hommes, en 4 mois !
Nous arrivons au refuge Giani Casati (3269 m), grande baraque pas très belle, toute fissurée, où rien ne semble avoir changé depuis les années 50. Il y a un grand bar tenu par un patron un peu bourru, très peu de monde (nous sommes 9 clients au total), de grands couloirs et plein de chambres, plein de photos anciennes sur les murs, l'ambiance assez étrange me fait penser au film Shinning.



Lever de soleil sur le refuge.





Départ dos au soleil.




Sur le grand Vedretta Alta.




Georges...




puis Didier et Raymond au sommet.




Longue remontée du glacier.




Un des 3 canons.




Petit point: c'est tout droit ou presque.





Petit monument à la paix au sommet de la cîme des 3 canons. Au loin, toujours le Gran Zébru.





Le refuge, devant la pente du Gran Zébru remontée
il y a 2 jours.




Arrivée au refuge, immense et gris.



Jeudi 26 avril: du refuge Caseti (3269 m) au Monte Cevedale (3769 m) puis Palon de la Mare (3703 m) et refuge Branca (2487 m).

Petit déjeuner super nul (un peu de pain sec, confiture et beurre en petite portions, et rien d'autre), pas étonnant qu'il n'y ai si peu de monde ! Dehors nous sommes tout de suite au soleil, mais il y a encore un petit vent bien frais qui nous refroidit bien. Nous montons assez rapidement, avec quelques passages un peu raides, au sommet du Monte Cevedal (3769 m) qui est un sommet sur la même ligne de crête que la Cima Cevedal où nous étions il y a deux jours. Au sommet il y a encore les vestiges d'une cabane de la 1ère guerre. Le vent se calme, mais les nuages nous entourent, nous sommes dans le brouillard. Nous attendons un peu que ça se dégage, mais rien n'y fait. Nous attaquons donc la descente dans le brouillard épais, en faisant attention à ne pas nous perdre de vue. Didier vérifie régulièrement l'itinéraire sur le GPS. Nous descendons le glacier Vedretta de la Mare, en bas nous finissons par sortir des nuages. Nous remettons les peaux vers 3150 m d'altitude, et nous remontons en direction du col de la Mare. De nouveau, la visibilité est quasiment nulle, et nous naviguons au GPS. Nous atteignons la crête, puis rejoignons le sommet du Palon de la Mare (3703 m). Le ciel se dégage enfin. La descente est très belle sur un large glacier, la neige transformée est très agréable. Sur la fin, la neige commence à être vraiment trop molle, nous sommes dans des pentes sud. Au-dessus de nous, des chamois se baladent. Nous arrivons au refuge Branca (2487 m), la chambre est petite mais confortable, il y a même de l'eau chaude au robinet ! À 16h30, un apéritif est organisé, avec boisson offerte et de nombreux petits toasts (pain à l'ail, petite pizzas, miam), et de la musique (trop forte). C'est la première fois que je vois ça en refuge, très sympa. Nous discutons un peu avec un groupe d'américains sympathiques, originaires des rocheuses, et qui semblent vraiment apprécier ce massif. Dans la soirée, le ciel se couvre de nouveau, les prévisions pour le lendemain ne sont pas très bonnes.



Nous quittons le refuge dans une belle lumière.





Refuge, Gran Zébru et belle lumière.





Refuge, Gran Zébru et belle lumière, bis.





Les amis paraissent tous petits dans le paysage immense.





Petit raidillon dans la montée.




Georges et Raymond arrivent.




Sur l'arête sommitale, Didier rejoint la croix.





Arrivée au sommet, les nuages nous rattrapent.





Au sommet, en attendant que les nuages partent...




...sans succès.




Première descente, nous sortons des nuages et
du glacier.




Petit point, et on remonte.




Arrivée au sommet du Palon de la Mare, les nuages se déchirent.





Au sommet du Palon de la Mare.




Début de la descente.




Pause dans la descente. Derrière, d'impressionnants séracs vers le mont Vioz.





Avant le refuge, traversée d'une coulée.




Arrivée au refuge sur une ancienne moraine, pleine
de coulées.



Vendredi 27 avril: du refuge Branca (2487 m), montée en direction de la pointe San Matteo, puis retour à Ornex

Contrairement à hier, très bon petit-déjeuner (Branca me semble le meilleur refuge de ce tour). Dehors le ciel est couvert et les sommets sont accrochés. Didier n'est pas très motivé pour monter, étant donné la longue route qui nous attend. Georges par contre semble tenir à aller faire le dernier sommet que nous avions prévu dans notre tour. Nous partons donc, d'abord en une petite descente en direction du refuge. Nous mettons les peaux, puis commençons à remonter le glacier en direction de la point San Matteo. Le ciel reste très chargé, il y a même de petites chutes de neige. Nous allons voir une étonnante et impressionnante caverne de glace qui s'est formée au front du glacier. Nous continuons à monter un peu, nous passons à côté de 2 mats météo qui dépassent de la neige, et arrivons au pied d'une barre de séracs. Là, nous arrêtons Georges, et décidons de faire demi-tour, nous sommes vers 2700 m d'altitude, il reste 1000 m, la météo est mauvaise et une très longue route nous attends. Nous redescendons le glacier pour retourner au niveau du refuge-hôtel del Forni où nous avons laissé la voiture, et c'est parti pour la longue route. Pour nous occuper, nous décidons de compter le nombre le tunnels franchis: 6 en Italie, 35 en Suisse. Nous avons des ralentissements à proximité de Zurich, Berne et Lausanne, et nous arrivons à Ornex vers 20h après plus de 9h de route. Repas et nuit à la maison, et le lendemain les copains repartent pour quelques heures de voiture supplémentaire...



Un étrange grotte formée dans le glacier...




dont sort un petit ruisseau.




Dernière photo de groupe, sous un ciel bas.





Didier a fait un petit compte-rendu de ce tour sur skitour, avec quelques photos.

Les photos de Didier sont ici.





Vue générale de l'itinéraire. Cliquez pour voir en plein écran.



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