Ski de randonnée dans le Queyras, mars 2017




Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Merci à Didier qui a encore une fois tout organisé. Jeff et moi l'avons accompagné.



Samedi 18 mars

Départ de la maison à vélo avec les skis et les chaussures, selon une routine maintenant bien rodée. Arrivé un peu en avance à Genève, je fais un saut à Bikes2Fold, où se prépare la balade endimanchée en Brompton dans le cadre de l'autre salon. Je suis un peu déçu de la louper, mais on ne peut pas tout faire ! Le train me dépose à l'heure exacte à Grenoble, où je retrouve Didier et Jeff. Nous partons immédiatement pour Saint Véran. Le trajet est joli mais un peu long. Nous arrivons à Saint-Véran vers 18h. Accueil sympathique et bon repas au gîte Les Gabelous. Notre plan initial, comme déjà trois ou quatre fois ces dernières années, était de faire le tour du Viso. Cependant, les prévisions météos ne sont bonnes que jusqu'à mardi, nous y avons donc renoncé. Didier a annulé les réservations en Italie, hormis celle de Chianale où nous allons demain.



Dimanche 19 mars: de Saint-Véran (2000 m) à Chianale (1717 m) en passant par le col Blanchet (2897 m)

Nous partons de Saint-Véran sous un grand soleil. Nous passons à côté de l'ancienne mine de cuivre et de l'ancienne carrière de marbre. Nous remontons la piste de ski de fond jusqu'à proximité du refuge de la Blanche. Là, nous bifurquons en direction du col Blanchet, en ayant fait un petit détour suite à une petite faute d'orientation. Au col, nous profitons du paysage et discutons un peu avec deux raquetteurs. Nous attaquons la descente par une très bonne neige, nous passons à côté du lac Bleu, où nous cassons la croûte sur une épaule une peu déneigée. La suite de la descente se fait par une neige qui commence à ramollir, d'abord dans une grande pente sous des barres, puis en forêt. Nous arrivons alors à Chianale, où nous nous installons au gîte Il Laghi Blu. La ville à un certain charme un peu austère. Le repas au gîte est délicieux. Les prévisions météos sont finalement meilleures que celles que nous avions prises avant de partir. Nous décidons donc de reprendre notre plan initial qui était de faire le tour du Viso. Didier annule notre réservation pour le lendemain au refuge du Viso, et prend une réservation en Italie. Nous nous endormons contents de cette opportunité de faire enfin ce tour du Viso qui nous échappe depuis plusieurs années.




Passé le col Blanchet, début de la descente vers l'Italie sous la Tête des Toillies.






Descente en direction du Laghi Blu.




Deux fois Didier qui cherche le passage sur des plaques de neige, après le Laghi Blu.





Plus bas, ski entre les mélèzes.





Vue de Chianale, avec le lavoir, un joli pont et le clocher.




Lundi 20 mars: de Chianale (1717 m) au col de Losetta (2872 m) puis descente dans le vallon de Valente (2700 m), et remontée à la pointe Joanne (3052 m) et descente sur le refuge du Viso (2460 m)

Pour ce premier jour du printemps, nous partons sous un grand soleil, skis sur le dos par la route (fermée à la circulation) du col Agnel. Nous la quittons au niveau des granges del Rio, pour continuer dans le vallon de Soustres. Nous chaussons les skis vers les Granges Bernard (2100 m) après environ 1h30 de portage. Le versant sud du vallon est bien déneigé, on y voit un beau bouquetin qui nous fait une démonstration d'escalade, des chamois, un renard. Nous remontons jusqu'au col de Losetta (2872 m) où nous faisons une bonne séance photo face au Viso majestueux. Nous attaquons la descente dans le vallon de Valente vers 12h30. La neige est très molle, et parfois sans consistance, nous nous enfonçons profondemment. Vers 2730 m nous devons passer un petit ressaut un peu plus raide. Didier s'engage en premier, il s'enfonce profondément. En se dégageant, il déclenche une coulée en dessous de lui. La situation est assez critique, nous prions pour que la pente au-dessus de lui tienne. Jeff et moi, au-dessus, ne pouvons rien faire. Sous la première couche qui a coulé (sur 50 cm d'épaisseur environ), la neige restante n'a pas de consistance non plus. Didier ne peut pas descendre, c'est trop risqué. Avec beaucoup de sang-froid, il remet ses peaux et remonte doucement dans sa trace de descente. Nous sommes soulagés quand il nous rejoint. La descente n'est pas possible, nous remontons donc tous au col de Losetta, puis au sommet de la pointe Joanne (3052 m) pour pouvoir basculer sur son versant nord et rejoindre le refuge du Viso. Le tour du Viso n'est donc plus possible. La descente dans la face nord est bien agréable, nous arrivons à trouver de la poudre. Une fois passé le ruisseau vers 2400 m, nous remontons au refuge. La neige est de nouveau lourde, et s'affaisse parfois en faisant des bruits sourds toujours un peu stressants. Arrivés au refuge, nous expliquons au gardien les raisons de notre arrivée imprévue. Il n'y a personne ce soir, nous profitons donc bien des beaux espaces communs du refuge. Nous mangeons avec le gardien, qui nous conseille de faire le tour du Monte Granero le lendemain.




Départ de Chianale skis sur le dos.





Qui est-ce ?.








Nous quittons la route aux granges del Rio.





Plus haut, passé les granges Bernard.





Jeff et Didier.





Philippe face au Viso.




Jeff et Didier au même endroit.




Jeff et Philippe pausent sur un surplomb.





Didier au col de Losetta, devant le Viso.





Début de la descente dans le vallon de Valente.




Jeff sur l'épaule de la pointe Joanne.




Jeff sur l'épaule de la pointe Joanne.



Didier avant de descendre la pointe Joanne.




Jeff dans la descente.




Didier dans la descente de la pointe Joanne.




En soirée, depuis le refuge, le Viso et la pointe Joanne illuminés tandis que la vallée bascule dans l'ombre.




Mardi 21 mars: tour du Monte Granero: du refuge du Viso (2460 m), col de la Traversette (2950 m), descente puis montée au col Luisas (3017 m), descente au refuge Granero (2370 m), montée au col Sellière (2834 m) et retour au refuge du Viso (2460 m).

Nous partons en direction du col de la Traversette (2950 m) sous un ciel toujours bleu. La descente du col est assez raide, ne voyant pas la pente nous nous équipons de nos crampons et descendons skis sur le dos. Un câble a été mis en place, qui sécurise le passage. Nous rechaussons assez vite, et descendons d'une centaine de mètres jusqu'au pied de la pente permettant de gagner le col Luisas (3017 m). Le début de la descente se fait à pied, car il y a des rochers (et quelques vieux barbelés). Jeff a ensuite des problèmes avec sa fixation, et il déchausse trois fois dans la descente. Heureusement, nous arrivons finalement à régler ce problème. La descente du vallon se fait en face nord, mais la neige a été ventée et tassée, elle n'est pas très agréable à skier. Par contre, le paysage est magnifique, nous y sommes seuls, il y a d'énormes blocs rocheux couronnés de neige. Nous passons à proximité du refuge Granero (2370 m), le long du lac, et nous attaquons la remontée d'un grand vallon jusqu'au col de Sellière (2834 m). Il fait chaud ! Depuis le col, nous avons une belle vue sur la traversée que nous devons faire le lendemain pour passer la brèche de la ruine et rejoindre le col Agnel. La descente se fait en neige bien transformée pour rejoindre le refuge du Viso. Nous y arrivons en même temps que deux petits groupes, nous serons une quinzaine ce soir. Ce tour était vraiment très beau, merci au gardien pour ses conseils. En soirée, le ciel se couvre un peu. Les prévisions pour les jours suivants sont mauvaises, nous décidons que nous rentrerons demain soir. Les autres groupes présents au refuge font le même choix.




Départ alors que les sommets s'illuminent.





Jeff rejoint Didier au col de Traversière.





Belle ambiance au col de la Traversière.



Le versant italien est sous les nuages.





Didier attaque la descente.




Jeff le suit de peu.




Didier et Jeff dans la descente du col de Traversière.





La suite se fait à ski.








Vue de la pente qui donne accès au col Luisas. Didier en bas donne l'échelle (cliquez pour agrandir).





Au pied du col Luisas, on remets les peaux. Derrière à droite la pente que nous venons de descendre depuis le col de Traversière.





Didier repère la suite de l'itinéraire.




Désescalade dans des rochers.




Au col Luisas, Didier.





Au col Luisas, Didier.





Au col Luisas, Jeff arrive. Le Viso en arrière plan, et sa silhouette imposante.





Jeff après le passage rocheux, quelques secondes avant que ses skis ne déchaussent...





Très belle descente dans de gros blocs.








Didier au col de Sellière.





Idem, sous un autre angle.





Jeff au départ du col de Sellière.




Ddier s'élance à son tour.




Didier soigne sa trace dans la dernière descente.




Mercredi 22 mars: montée jusqu'au pied du couloir du Porc (2870 m), puis descente sur l'Échalp (1650 m)

Le matin le ciel est un peu nuageux, mais hormis le Viso, les sommets ne sont pas accrochés. Nous partons donc pour faire la traversée en direction de la brèche de la Ruine. Nous descendons au ruisseau. Cependant, la première pente permettant d'accéder au début de la traversée n'est pas engageante du tout: il y a des plaques à vent qui sont parties, et d'autres qui ne le sont pas. Nous ne voyons pas d'itinéraire permettant d'éviter de passer sur des plaques. Nous examinons longuement la face, puis nous prenons la décision de ne pas nous y engager. Nous tournons donc le dos, et essayons de trouver une balade à faire avant de redescendre dans le vallon. Nous montons donc un peu, jusqu'au pied du couloir du Porc, jusqu'à 2870 m. Le ciel se dégage un peu. Nous voyons qu'un des groupes qui était au refuge s'est engagé dans la pente que nous avons estimée dangereuse. Nous les observons avec crainte, mais finalement ils passent sans encombre. Cette pente me semblait vraiment dangereuse, mais finalement d'autres sont passés, du coup j'ai un sentiment de frustration. En tout cas, nous attaquons la descente, ce vallon est très beau. Derrière nous, le Viso domine tout de son impressionnante face rocheuse. Nous finissons par atteindre la fin de la neige, et nous arrivons à l'Échalp en portant nos skis. Comme nous n'avons pas pu faire la traversée, nous ne sommes pas dans la bonne vallée pour récupérer la voiture. Le téléphone ne passe pas, nous demandons à des promeneurs si ils peuvent descendre l'un de nous pour aller récupérer la voiture. Nous tombons sur un couple très sympathique, qui finalement fait deux allers-retours pour nous emmener tous à Abriès. Là, nous prenons un petit repas, puis Didier fait du stop pour rejoindre Saint-Véran. Le stop fonctionne très bien, et il est de retour 1h30 plus tard. C'est la fin de la balade (d'ailleurs le ciel se couvre de plus en plus, conformément aux prévisions). Il ne nous reste plus qu'à prendre la route du retour. Nous déposons Jeff à la gare de Grenoble, trop tard pour moi (le dernier train pour Genève est à 17h54). Je remonte avec Didier à Autrans où nous passons la nuit. Le lendemain, je prendrais le bus pour la gare de Grenoble, et de là le train pour Genève puis mon vélo pour la maison...




Les pentes commencent à prendre le soleil. À droite la grande pente à laquelle nous avons renoncé.





Autoportrait aux lunettes.





Vue du refuge du Viso.





Le Viso fume.




Passage un peu acrobatique d'un petit ravin.




Jeff dans la descente. Au fond le Viso. À droite, un énorme culot d'avalanche.





Didier entre deux plaques de neiges sur un sol couvert
d'aiguilles de mélèzes.




Abries: arbre décoré (notez l'araignée) et en arrière plan
le chemin de croix.



Jeff a également fait un compte-rendu en photos de cette balade, plein d'humour, à consulter sur son site.




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