Un tour en VTT dans les Cévennes



Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Jeudi 10 juin
Je pars de la maison avec mon VTT, mes affaires sont dans une sacoche fixée sur le porte-bagage Thule pour vélos suspendus que je viens d’acheter. Je ne suis pas sûr à 100 % de la solidité de l’ensemble, ce raid va être un bon test. J’ai quand même un mini sac à dos en cas de secours. Je rejoins la gare de Genève, et je suis toujours un peu stressé en repassant en passant du côté français de la gare, en raison des contrôles sanitaires dont les règles changent constamment. Ça va, le douanier s’intéresse surtout à mon vélo. Il voit même qu’il y a du jeu dans ma roue arrière, ce qui m’inquiète un peu. Sinon, trajet sans problème jusque Valence (super le train direct entre Valence et Genève !), où nous arrivons à l’heure. Je mange vite fait dans une boulangerie et retrouve Didier et Danièle dans leur nouvel appartement. Après la visite, nous chargeons les vélos sur la voiture de Didier, et partons pour Planzolès, au pied du Mont Lauzère, où nous allons tous nous retrouver chez Charles qui va nous héberger pour la nuit. Les retrouvailles sont sympathiques, Christian et Georges sont déjà sur place, puis Charles et Gilles arrivent. Nous mangeons à l’auberge Bonséjour un très bon repas puis nous rentrons chez Charles pour la nuit. Les plantes ont bien poussé depuis le dernier passage de Charles, elles envahissent l’escalier extérieur, ce qui donne un joli charme à la maison. La vue est magnifique et tout est si calme que l’on dort profondément.



Vendredi 11 juin, de Planzolès au Pont-de-Montvert, environ 53 km, 1400 m de D+
Les choses sérieuses commencent enfin, nous nous levons à 6h pour profiter de la fraîcheur de la matinée. La journée commence simplement par une longue montée jusqu’au sommet du Mont Lozère, sur une piste assez large. Il fait très beau, et la région est magnifique, c’est un vrai plaisir de rouler dans ce paysage. Assez vite, un bruit dans ma roue arrière m’inquiète. En fait, c’est le porte-bagage qui s’est décalé latéralement sous le poids de mon unique sacoche et qui frotte contre ma roue. On le redresse un peu, et on met la sacoche dessus, et plus sur le côté. Le tendeur que j’avais apporté se casse deux fois, heureusement Didier me sauve la mise en me prêtant deux sangles qui maintiennent bien la sacoche. Je repars, le paysage est magnifique, avec des champs de genêts en fleurs qui embaument. Cela me rappelle mes étés en colonie de vacances dans le mont Pilat, au sud de Lyon. Nous passons de belles maisons isolées, et de grandes hêtraies. Nous faisons notre pause de midi au pied d'un joli pont qui enjambe le « le Rau de la Mère l’Aygue ». Nous avons passé les sources du Tarn un peu plus haut, près du Mas Camargues. Nous sommes sur le chemin de Stevenson, il y a quelques randonneurs, et même deux ânes lorsque nous arrivons au sommet du Mont Lozère (1699 m). Il y a 3 tables d'orientation, le panorama est très beau, mais trop brumeux pour pouvoir voir la mer. La descente se fait par le GR, avec pas mal de cailloux. Christian (qui a un vélo semi-suspendu) et Georges prennent la route, et nous nous retrouvons tous au gîte communal de Pont-de-Montvert, où nous sommes les seuls à vélo. Nous dînons dans un restaurant en ville, petites courses, et visite du beau village.


Georges, en partant de chez Charles

Didier et les genêts



De très beaux chemins

De très beaux chemins (bis)


Un joli pont enjambe le « le Rau de la Mère l’Aygue »
Il ne reste plus qu'à descendre depuis le sommet



De beaux hameaux dans le paysage verdoyant



Samedi 12 juin, du Pont-de-Montvert à l’Hospitalet, environ 37 km, 1050 m D+
Petit-déjeuner au gîte avec ce que nous avons acheté la veille. Nous partons tôt encore pour profiter de la fraîcheur, la lumière est très belle. Nous remontons une petite route ombragée par de hêtres, de toute beauté. Il y encore de belles maisons en pierre. Nous prenons ensuite un chemin très raide jusqu’au petit col de la Planette (je mets 10 mn à reprendre mon souffle en haut), où nous nous regroupons. Didier s’aperçoit qu’il a perdu son téléphone. Nous l’appelons, quelqu’un répond, par chance c’est un randonneur qui l’a ramassé, qui est sur le même chemin que nous et dans le même sens. Nous l’attendons donc, il arrive et le rend à Didier. Sacré chance, d’autant plus que nous quittons le chemin de Stevenson à ce col exactement, il n’y aura ensuite plus beaucoup de randonneurs. Nous descendons alors jusqu'au village de Cassagnas, nous traversons la rivière puis de l'autre côté nous reprenons le sentier dans une montée très raide. Nous poussons pas mal les vélos, avant de rejoindre un beau chemin puis de redescendre sur le village de Barre-des-Cévennes où nous retrouvons Georges et Christian qui ont pris la route. Nous faisons une pause pique-nique dans le village, au bord d'une fontaine, Charles achète in-extremis des melons à un vendeur du marché en train de ranger son stand. Le trajet après le repas est court et sans problème particulier, et nous arrivons au gîte chez Mme Pin à l'Hospitalet en début d’après midi. C’est un bâtiment isolé, il n’y a rien autour, et pas non plus de local pour les vélos. Nous faisons une sieste. En fin d’après-midi, Gilles me dit que mon vélo est crevé. Lorsque je démonte le pneu, je vois qu’en fait la chambre à air à explosé (elle est fendue sur 25 cm de long) car les vélos étaient en plein soleil. Du coup, comme il fait encore chaud, on dégonfle un peu les pneus. Georges aussi a crevé, mais à cause d’une épine. Nous réparons (enfin, je change de chambre), mais ce démontage permet de corriger aussi le jeu de ma roue arrière (un boulon sur le serrage des roulements était desserré), et Charles voit que les entretoises sur mon porte-bagages étaient mal montées. On les remets dans le bon sens, et le porte-bagage est bien plus stable. On passe encore un petit moment à bricoler, puis on profite de l’excellent repas, uniquement des produits maison, préparé par Madame Pin. On profite de la belle lumière du soir, on regonfle les pneus quand la fraîcheur revient, on salue les poules et nous passons une bonne nuit.


Le soleil dessine des silhouettes

Georges surgit de la forêt



Un très beau sentier balcon

L'ancienne gare de Cassagnas, maintenant «espace Stevenson»

Le chien Philou, en toute confiance,
est venu se coucher sous ma roue

Gilles et Didier dans une montée



À la sortie de Barre-des-Cévennes, devant
un beau rosier
Gilles, dans un raidillon




Une petite place avec une fontaine, sympathique endroit pour notre pique-nique à Barre-des-Cévennes


Un dernier regard sur Barre-des-Cévennes




Au col des Faïsses, le tréma à son importance
Face au gîte, la nuit tombe sur le foin fraîchement fauché


Dimanche 13 juin, de l’Hospitalet à Nivoliers, environ 52 km, 1250 m D+
Pour le petit déjeuner nous avons encore le droit à des confitures 100 % maison (même la crème de marrons), et nous partons encore dans une belle lumière. Le tracé est varié, sur chemins et routes forestières, avec pas mal de montées et descentes, puis une longue montée jusqu’au sommet de l’Aigoual (1565 m). Il y a pas mal de monde, nous prenons notre pique-nique un peu à l’écart. Nous redescendons en prenant le GR (qui surplombe la route pendant quelques km), puis nous descendons franchement avant de commencer à remonter de l’autre côté sur le Causse. Il commence à faire chaud. Très beau paysage, un peu désert, beaucoup de fleurs et très bonnes odeurs.Nous longeons un parc dans lequel sont élevés des chevaux de Przewalski, mais sans en voir. Nous arrivons à l’auberge dans un joli village, heureux de trouver des boissons fraîches et des douches après les efforts et la chaleur de l’après-midi. Très bon repas, le cuisinier découvre au moment de la commande que les végétariens ne mangent pas de poisson, et que Gilles ne prend pas d’agneau. Il trouve une solution (le poisson pour Gilles) et me prépare un super plat végétarien. Merci !




Un dernier regard sur le gîte
Gilles

Didier




L'Aigoual est droit devant, après de nombreuses
montées et descentes
Didier dans la beauté du paysage



Tiens, on traverse une route !
Charles et Georges



Un troupeau en train de monter en estive
Une belle épingle à cheveux dans la montée finale vers l'Aigoual



Pique-nique à l'ombre, ou presque
Belle hêtraie



Georges dans le vert
Charles sur le causse

Christian admire le paysage




Et Didier au même endroit
Sur le causse


Lundi 14 juin de Nivoliers à La Fage, environ 45 km, 1180 m de D+
Nous ne partons pas très tôt car le petit déjeuner ne commence qu’à 8h. Le départ est enchanteur, par une très belle petite route au milieu de merveilleuses prairies fleuries, avec des orchidées, des alouettes, etc. Un petit coin de paradis. Puis nous faisons une longue descente vers les gorges du Tarn, que nous rejoignons au niveau de l’incroyable village semi-troglodyte de Castelbouc. Nous longeons longuement la vallée du Tarn que l'on traverse par un beau pont en pierre, puis nous commençons une longue remontée. J’ai des problèmes de dérailleurs, deux fois ma chaîne saute et se bloque entre le grand plateau et les rayons. On arrive à régler ça après un peu de bricolage. La chaleur devient intense, et la remontée est difficile. Au col de Montmirat l'auberge est malheureusement fermée, et Gilles se fait engueuler en demandant de l'eau. Nous repartons par une route forestière puis une petite route que nous quittons pour le GR. Après avoir traversé un ruisseau, le GR devient complètement impraticable à vélo, et c’est en poussant – tirant nos vélos tant bien que mal dans le sentier à peine praticable que nous arrivons au gîte, bien crevés. Il y a d’autres randonneurs à pied, le gîte est tenu par des éleveurs, très sympathiques, le repas est très bon.


Un matin au paradis
Dans la très belle descente vers Castelbouc



Toujours dans la même descente
Castelbouc commence à apparaître


Dans Castelbouc



En longeant le Tarn




Christian sort du village
Le superbe pont de Quézac pour traverser le Tarn



Un petit pont sur le ruisseau avant une redoutable montée vers le gîte



Didier et Gilles arrivent enfin
Le village a un petit air breton



Toujours dans le village
Un arbre à la silhouette fantomatique veille sur le gîte


Mardi 15 juin, de La Fage à La Bastide, environ 53 km, 1070 m de D+
Nous partons de nouveau tôt, profitant du petit-déjeuner à 6h30. Il y a un petit vent frais, pour la première fois je mets mon petit coupe-vent. Grosse montée, on pousse les vélos, nous doublons et nous faisons doubler plusieurs fois par les randonneurs partis du gîte avec nous, avant de les semer définitivement dans une grande descente. Nous arrivons dans la vallée du Lot, que nous suivons un peu, avant de la quitter en passant au pied du château du Tournel, en cours de restauration. Nous montons au soleil, il fait chaud, c'est long. Nous passons ensuite dans une jolie plaine, près du village de Belvezet où passe une voie ferrée. Nous remontons encore un peu par de larges pistes, et nous faisons un petit crochet par le sommet du Moure de la Gardille. Le panorama à 360° vaut le coup, ici c’est l’Allier qui prend sa source. Nous enchaînons avec une longue piste légèrement descendante (mais avec quelques bon petits raidillons) puis par un joli sentier en balcon au-dessus de la voie ferrée, nous arrivons à la Bastide . Nous prenons un verre dans un bar, puis nous gagnons notre chambre d’hôte, un peu luxe (pas de dortoir ce soir, nous sommes 2 par chambre). Très beau bâtiment, le patron est très sympa, et le repas en commun très copieux et délicieux. Une très bonne adresse !


Un dernier regard sur le village en partant
Dans la belle lumière du matin



Mon vélo
On arrive à Bagnols en vélo



En montant vers le chateau, une cloture
étonnante et esthétique
Georges, avec le chateau en arrière-plan



La gare de Belvezet semble encore en service ?

Au sommet du Moure de la Gardille


Mercredi 16 juin, de La Bastide à Planzolès, environ 47 km, 1000 m de D+
Encore un très bon petit-déjeuner ce matin, et nous voilà déjà partis pour la dernière journée de ce tour. Encore de belles fleurs, des digitales qui s’entremêlent aux genêts, rose et jaune, très beau. Nous remontons sur le plateau, je fais un petit détour pour passer voir le gîte d'Albespeyres où j’avais séjourné il y a une vingtaine d’années lors d’un stage de formation de l’école française de canyoning. Nous longeons ensuite les gorges du Chassezac, que nous allons voir depuis le petit promontoire qui les surplombent. Nous arrivons à la vieille ville de La Garde-Guérin, je monte en haut de la tour avec Christian et Georges. Le temps de prendre une glace, hop, nous repartons. Plus loin, je crève. On s’arrête pour réparer, Christian et Georges prennent de l’avance. Nous descendons beaucoup, mais sans retrouver Christian et Georges. Nous commençons à remonter en face, bonne petite grimpette jusque Les Salces où nous attendons en pique-niquant. Finalement, on apprend qu’ils ont pris la route et que nous attendons pour rien. Nous repartons donc, mais bientôt le chemin n’est plus praticable, et nous avons un long tronçon en poussant le vélo, sous un soleil implacable. Je souffre, mais nous atteignons enfin un col, et nous pouvons repartir en roulant. Plus loin, dans une belle descente, Charles crève instantanément en pinçant sa chambre. Nouvelle pause réparation, Gilles qui arrive vite évite de justesse la queue d’une belle couleuvre qui traversait le sentier. On répare et on repart, traversant encore de beaux village (Vielvic par exemple). Un dernière montée, un peu longue après cette journée, nous amène enfin à Concoules. Nous faisons quelques courses et nous nous retrouvons tous chez Charles.
Sur nos 6 vélos, nous étions 3 équipés de chambres, et 3 en tubeless. Bilan, 6 crevaisons (enfin, 5 et une explosion) pour les chambres, 0 pour les tubeless.
Didier et moi repartons en fin d’après-midi, après avoir salué les copains qui dorment sur place pour faire la route le lendemain. Nous regagnons Valence dans la soirée, après une pause repas à Privas. Je repartirai le lendemain matin par le train pour Genève via Lyon (il n’y a pas de train direct le matin dans cette direction). A Lyon, je profite des 50 mn de changement pour aller prendre un petit-déjeuner sur une terrasse cours de la Liberté, sous les grands platanes. Un beau moment, avant de retourner à la maison, et de reprendre le travail l’après-midi même, avec encore de belles images dans la tête...


Un beau jeu de textures entre le mur
et les tuiles
Sur un sentier pierreux, comme un reg



Belle vue sur le plateau
Au loin vue sur le lac du Lachas et le pont de la voie ferrée



La vallée du Chassezac, depuis le belvédère
Charles, Christian, Gilles et Georges



Digitales et genêts
La tour de La Garde-Guérin


Panorama sur le village depuis le sommet de la tour




Un dernier regard en arrière en quittant la Garde-Guérin
Longue séance de poussage sous le soleil


Une croix seule dans le paysage désertique



Didier a fait un topo détaillé sur VisuGpx.





Christian a mis des photos de cette balade sur son site , celles de Didier sont ici , et celles de Charles sont là.



Vue générale de l'itinéraire. La trace du premier jour a été enregistrée par Didier. Cliquez pour voir en plein écran et zoomez pour voir les trajets en détail.