Une semaine dans le Valais du 23 au 29 avril 2011

Sortie organisée par Didier, avec Georges, Christian et Philippe.

Textes, photos et assemblages des panoramiques par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

Les photos sont cliquables, pour obtenir un agrandissement (attention, certains navigateurs recadrent automatiquement la photo par défaut, et vous ne verrez pas de différence).

Les photos de Didier sont disponibles sur sa page Picasa, celles de Christian sont sur sa page Flick et celles de Georges sont ici .


Samedi 23 avril (refuge Weissmiss Hütte, 2726 m)

Pour la première fois, j'arrive à partir avec tout mon matériel et mes skis sur mon vélo, pour rejoindre la gare de l'aéroport. Après un trajet en train sans problème, comme c'est la coutume en Suisse, je retrouve Didier, Georges et Christian à l'heure prévue à Stalden. Nous prenons le car postal jusqu'à Saas Grund, pour emprunter le télécabine Höhsaas (tarif réduit à partir de 15h15). Il y a très peu de neige, et nous descendons par les pistes jusqu'au refuge Weissmiss Hütte où nous avons réservé pour deux jours en demi-pension. Cependant, à notre surprise, le refuge est fermé, et il n'y a personne. Didier arrive à joindre le gardien avec son portable, et celui-ci nous répond que les conditions ne sont pas bonnes, et qu'il n'y avait pas beaucoup de réservations, et donc qu'il n'est pas monté ! Nous nous installons alors dans le refuge d'hiver, qui heureusement est confortable et propre. Il y a un poêle à bois et du bois. Pour la nourriture, c'est un peu plus difficile, nous trouvons une boîte de soupe (militaire) et une salade de thon, et du muesli pour le petit déjeuner. Pour le reste, nous devons taper dans nos vivres de course.


Première soirée, dans le refuge d'hiver, car le gardien n'est pas monté.



Dimanche 24 avril, de Weissmiss Hütte (2726 m) au Weissmiss (4023 m), redescente et remontée à Längflüh

Le départ est assez long, car il faut démarrer le poêle à bois pour faire chauffer l'eau pour le petit déjeuner. Il fait beau lorsque nous sortons au petit jour. Nous commençons par remonter les pistes descendues la veille. Nous montons ensuite jusqu'à une barre assez impressionnante de séracs. Nous laissons les skis vers 3500 m d'altitude, pour passer un sérac sur une échelle en aluminium (installée par des guides ?). Le chemin est encore long pour le sommet, et à pied (en crampons), nous devons nous méfier encore plus des crevasses. Un petit ressaut en glace vive nous permet d'accéder à l'arête finale, puis au sommet. Des nuages se sont un peu développés. A la descente, nous posons deux broches pour passer la glace vive, puis nous rejoignons les sérac et enfin nos skis, nous sans avoir mis une jambe dans une crevasse, heureusement sans conséquence. Courte descente, et passage éclair au refuge pour récupérer quelques affaires. Nous redescendons dans la vallée pour reprendre un bus jusqu'à Saas Fe, puis un télécabine jusqu'à Längflüh (2861 m) où nous dormons dans l'hôtel d'altitude. Pendant le repas, il se met un peu à neiger.



De belles barres de séracs barrent l'accès au sommet. Nous monterons vers la droite, puis nous suivrons l'arête jusqu'au sommet à gauche.





Dans la barre de séracs.




Georges et Christian arrivent au sommet.





L'arête sommitale, avec Georges et Christian qui arrivent. En arrière plan, le groupe du Weisshorn.





En direction du sommet, encore un ressaut à passer.




En redescendant, dans les séracs.





Didier au sommet du Weissmiss.






Dans les séracs, passage de l'échelle.






Vue générale sur le sommet, et en bas, la trace de descente dans les séracs. Le poteau marque la position de l'échelle.






Sous les séracs, nous retrouvons nos skis.




Lundi 25 avril, Längflüh (2861 m) à l'Alphubel (4206 m) et redescente à Täsch Hütte (2710 m)

Beau temps lorsque nous partons, d'abord en suivant un peu les pistes, puis en remontant sous de beaux séracs. Nous les traversons en suivant une trace très belle. Il y a quelques passages un peu raides et gelés, puis nous rejoignons une longue arête jusqu'au sommet. Nous voyons au loin le Cervin pour la première fois de la semaine, mais il disparaît très vite dans un nuage qui nous entoure. Au sommet, le nuage et un petit vent froid nous empêchent d'attendre trop longtemps, et nous croisons Christian et Georges qui arrivent lorsque nous commençons la descente. Nous les attendons plus bas, et nous cassons la croute sur des rochers près du col de l'Alphubel. Belle descente sur Täsch Hütte. Le refuge auquel a été ajouté une extension en bois est très beau, chaque chambre a une grande fenêtre panoramique.


La terrasse de Längflüh au clair de lune.




Le restaurant, toujours au clair de lune.












Dans la montée à l'Alphubel.






Dans la montée à l'Alphubel.






Christian, dans le passage des crevasses.






















En arrivant au sommet, un nuage nous recouvre. On a tout de même le temps d'apercevoir le Cervin.






En attendant les copains.






Les nuages bourgeonnent, mais la descente s'annonce belle.












Christian en plein virage.




La terrasse de Tashhütte, confortable et avec une magnifique vue.



Mardi 26 avril, montée à Monte-Rosa Hütte

Nous nous levons tard (6h), la journée commence par une descente, skis sur le dos faute de neige, en direction de Täsch. Le temps et le paysage sont splendides. Arrivés à un petit hameau, nous prenons un taxi qui nous emmène à Zermatt. Nous en profitons pour faire un peu de shopping, reconstituer nos vivres de courses, retirer de l'argent (ça file vite!), puis nous prenons le train du Gornergrat jusqu'à Rotenboden. Le paysage est magnifique, nous casse-croûtons face au panorama qui va du Cervin au Mont-Rose en passant par le Breithorn, le Liskam, Castor et Pollux. Nous partons en direction de la cabane du Mont-Rose skis sur le dos, il n'y a pas de neige avant le glacier. Quelques marmottes sont déjà sorties, un gros troupeau de bouquetins broute tranquillement à quelques mètres du sentier. L'itinéraire a changé par rapport à mon dernier passage, il faut maintenant descendre une volée d'échelles pour atteindre le glacier, sur lequel nous prenons enfin pied. Nous remontons alors vers la cabane, en passant parfois sur des crevasses qui semblent bien profondes, et me font accélérer à chaque fois sur une dizaine de mètres ! Nous atteignons alors la nouvelle cabane, très futuriste. Il y a beaucoup de monde, mais l'agencement intérieur est très fonctionnel et confortable, et la cohabitation se passe très bien.




Au matin, lever de soleil sur le Weisshorn alors que la vallée est encore à l'ombre.






Vue "classique" sur le Cervin depuis la gare de Rotenboden. On aperçoit la voie ferrée à droite.






Toujours depuis la gare, panorama à plus de 180°. De droite à gauche, le Cervin, le Breithorn, Castor, Pollux, le Liskam et le Mont-Rose, que des plus de 4000 m.





Essayez de compter les bouquetins, bien camouflés.




Eruption sur le Cervin ?





Pic nique with a view !






En route pour le refuge. Au centre le Mont Rose, à droite le Liskam. Le refuge se situe un peu au-dessus de la moraine au centre de la photo.






Dans la moraine, loin devant, un des sommets du Mont Rose.






Derrière nous, toujours le Cervin, sous un profil moins parfait.




Mercredi 27 avril Mont Rose (entre 4500 et 4600 m) en aller retour depuis la cabane du Mont Rose (2900 m)

Nous sommes sur les skis à 4h40, le temps est très beau. Il y a moins de monde qu'on ne le craignait, la montée est sans problème. Le lever de soleil sur le Cervin et le Weisshorn est toujours magnifique. Un passage en glace au-dessus d'une crevasse oblige à quitter les skis et chausser les crampons. Toute la montée se fait à l'ombre, et il fait assez froid. Nous rejoignons le soleil peu de temps avant le « sattel » situé entre les deux sommets, mais il ne nous réchauffe pas. Arrivé au sattel, nous sommes secoués de frissons, malgré le beau temps et le faible vent. Nous partons, crampons aux pieds en direction de la Nordend (sommet nord) mais l'arête se redresse trop, et je préfère renoncer. Didier poursuit un peu, mais les traces s'arrêtent, et la suite de l'itinéraire est plutôt exposé. Un guide poursuit avec deux clients, il franchit l'arête en traversée sur les pointes avant, avec le vide qu'il a dans le dos, je ne regrette pas d'avoir renoncé. Georges et Christian arrivent, et je commence à redescendre, j'ai trop froid ! Repassage du sérac en crampons, et en-dessous, belle descente, bien que la neige soit un peu dure. Pause repas dans un magnifique paysage, et retour au refuge.




Le couleurs du petit matin évoluent au fur et à mesure que nous montons, et le panorama s'agrandit.























Didier sur l'arête sommitale.







Dans la descente, en dessous du petit passage de séracs.






A gauche, la Nordend, à droite la pointe Dufour.













Le groupe face au Liskam.





Dans les séracs.








Pause déjeuner avec vue sur le sommet.




Le refuge, qui semble veiller sur l'écoulement du glacier.



Jeudi 28 avril, Monte-Rosa Hütte à Britannia Hütte

Comme d'habitude, nous nous levons à 4h, mais pour voir qu'il a neigé 20 cm pendant la nuit. Du coup, nous traînons un peu en attendant le jour, et nous partons vers 5h30, sous un ciel bien nuageux. Après une traversée légèrement ascendante, nous rejoignons une arête rocheuse qu'il faut franchir en « escalade » simple, dans laquelle nous avons de la peine à trouver le passage. Le brouillard et la couche de neige fraîche ne nous aident pas. Après quelques tentatives et hésitations, nous sommes rejoints par un groupe qui nous montre le passage correct. De l'autre coté, nous repartons pour une longue traversée ascendante sur le glacier jusqu'à un premier col (Stockhornpass 3394 m). Nous redescendons en restant encordés, étant données l'absence de trace et la visibilité médiocre, puis nous attaquons une nouvelle montée, d'abord en crampons, puis skis aux pieds dans un bel enchaînement de conversions. Notre progression n'est pas rapide, et nous ne faisons pas de pause repas. La météo alterne entre passages nuageux et éclaircies, avec une petite chute de neige quasi-continue. Arrivés à ce second col (Adlerpass 3789 m), le temps se dégage un peu, et la descente est magnifique dans la neige fraîche et poudreuse, sous le regard bienveillant de l'Adlerhorn et du Rimpfischhorn. Plus bas, nous retrouvons un brouillard épais, et nous avons un peu de difficulté à trouver le refuge Britannia. Nous arrivons à 18h, sans avoir réservé, mais heureusement, il y a de la place. Le repas et le couchage sont bien appréciés !



La neige à recouvert la terrasse et le refuge pendant la nuit.




En direction de la barre rocheuse.




Dans la barre rocheuse, skis au dos.




De l'autre coté, petite traversée pour rejoindre le glacier.




Georges, dans le second passage.




La cordée.



Vendredi 29 avril, Britannia Hütte (3030 m) au Fluchthorn (3790 m), et retour en vallée

Le matin, le temps est encore au brouillard. Nous traînons un peu, puis une belle éclaircie se dessine, et nous partons. Le temps de descendre prendre pied sur le glacier, et les nuages sont de nouveau sur nous. Nous suivons une trace faite par un groupe de français, puis nous les rejoignons, et Didier continue la trace dans la purée de pois, avec son étonnant sens de l'orientation. Pour vérifier, nous faisons tout de même une petite pause GPS, mais c'est ok, nous sommes tout près du sommet que nous atteignons rapidement. Une croix et des drapeaux de prière tibétains nous confirment que nous sommes au bon endroit. La neige est encore magnifique pour la descente, mais avec la faible visibilité et les crevasses, nous ne nous éloignons pas trop des traces de montée. Nous retournons au refuge (cette fois, on met les peaux pour remonter les 100 m de dénivelé entre le glacier et le refuge...), où nous prenons notre repas. Ensuite, nous rattrapons les pistes de Saas Fe. Les pistes qui descendent en bas de la station sont fermées, et nous improvisons un itinéraire dans de la neige ultra-molle, qui nous permet de rejoindre le bas de la station. De là, le car postal nous ramène à Stalden, puis la voiture nous permet de rejoindre Ornex où tout le monde passe la nuit. Demain, les parisiens prendront la route.




Au matin, un peu de soleil sur le glacier. On voit la cordée française qui fait le même sommet et que nous rattraperons un peu plus tard.





Aperçu sur le refuge Britannia, perché au col.




La météo s'est dégradée, mais Didier trace droit au but.




Didier et Christian au sommet, avec des drapeaux de prière tibétains.




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