Ski de randonnée en Vanoise, mars 2016



Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Merci à Didier qui a encore une fois tout organisé.
Les traces données proviennent des GPS de Didier et de Georges.




Samedi 19 mars 2016

Après avoir hésité entre plusieurs destinations (les conditions nivologiques étaient mauvaises autour du Viso, et la Suisse est trop chère), nous avons retenu finalement la Vanoise. Même si j'y suis déjà allé en 2007 et en 2012, c'est toujours un très beau massif. Je pars donc une nouvelle fois à vélo avec tout mon matériel pour gagner l'aéroport. Je saute dans l'aérocar, qui me dépose à Chambéry une heure plus tard. Je patiente un peu au soleil sur le parvis de la gare, et les copains me récupèrent vers 15h15. Nous roulons jusqu'à Champagny le haut, où nous nous installons au refuge des Bois. Nous faisons le point, élaborons le programme de la semaine. Didier appelle les refuges pour réserver les prochaines nuits, nous préparons notre sac.



Dimanche 20 mars: refuge de Bois (1470 m) - Roche noire (2931 m) et refuge de Plaisance (2160 m)

Nous partons du refuge par les pistes de ski de fond. Sur le versant sud de la vallée, on voit de nombreux bouquetins, dont certains avec d'imposantes cornes. Il fait beau. Nous montons dans une petite gorge à travers de vieilles coulées d'avalanches dans lesquelles il n'est pas très facile de progresser. Nous passons au refuge de Plaisance, non gardé, et nous y déposons une partie de notre matériel (nourriture, réchaud, etc.) pour alléger le sac. Nous continuons alors vers Roche Noire. Belle vue du sommet. J'inaugure dans cette descente mes skis neufs, dommage, la neige n'est pas terrible. Nous redescendons au refuge, la météo s'est maintenue, les prévisions étaient plus pessimistes. Nous sommes rejoints dans l'après-midi par un groupe de jeunes sympathiques. La soirée se passe bien, le poêle chauffe bien la cuisine, mais le dortoir, séparé, reste assez glacial !

La trace de la journée.




Devant le refuge de Plaisance, Didier et Georges testent leur Arva.





Au sommet de Roche Noire.




Dans la descente. Au fond, le Grand Bec.




Dans la montée, passage dans un petit goulet à l'ombre.










Petit point dans la montée vers le sommet.





Dans l'après-midi, chacun s'installe, sèche ses affaires, prépare de l'eau chaude. La vie dans les refuges non gardés...




Lundi 21 mars: refuge de Plaisance (2160 m) - Bellecôte (3417 m) - refuge des Bois (1470 m)

Bonne nuit malgré le froid dans le dortoir. La météo est toujours belle. Nous partons en direction du sommet de Bellecôte, longue montée assez régulière. Nous sommes seuls, nous ne voyons que quelques skieurs hors-piste qui viennent sans doute de La Plagne. Nous faisons une petite erreur d'itinéraire que nous dirige vers un «faux» sommet, et nous devons redescendre un peu pour retourner sur le bon trajet. Au pied du sommet, nous devons quitter les skis et monter à pied, skis sur le dos. Le panorama au sommet est très beau. La descente est assez raide au départ du sommet, et la neige n'est pas agréable car croûtée et labourée de vieilles traces. Nous repassons au refuge de Plaisance récupérer le matériel que nous y avions laissé, et nous redescendons à Champagny par le même chemin qu'à l'aller. La neige à ramolli, le passage dans les coulées se passe bien. Nous dormons de nouveau au refuge des Bois, où nous sommes seuls.

La trace de la journée (et celle d'hier aussi).



Didier skis sur le dos dans la dernière partie du sommet de Bellecôte.




Didier au sommet.




Pause contemplative.





Georges nous rejoint au sommet.





Georges dans la descente, peu avant d'atteindre le fond de la vallée.








Didier fait une arrivée triomphale, bière en approche.



Mardi 22 mars: refuge des Bois (1470 m) - Becca Motta (3045 m) - refuge du Plan des Gouilles (2360 m)

Nous partons sous un ciel toujours bleu, pour monter en forêt en direction du refuge du Plan des Gouilles. Le chemin est assez étroit et tout gelé, les bras travaillent autant que les jambes pour progresser. Nous posons un peu de matériel au refuge qui n'est pas gardé (nourriture, réchauds, etc.) et nous repartons vers Becca Motta. La montée est assez directe et nous atteignons facilement le sommet. Encore une fois, nous sommes seuls, et la vue est magnifique. Il n'y a pas de vent, nous en profitons pour manger au sommet. Dans la descente, nous arrivons à trouver de la belle neige, et à nous faire plaisir en enchaînant de beaux virages. Retour au refuge, où nous coupons du bois pour le poêle, faisons fondre de la neige, etc. Nous sommes seuls, le petit poêle mais du temps avant de réchauffer la cuisine. Comme le dortoir est là aussi glacial, nous installons des matelas dans la cuisine pour profiter de la chaleur.




Dans la montée, un peu au-dessus de la forêt, nous sommes content de nous trouver au soleil.





Le refuge, enchassé dans la neige.




Didier et Georges au sommet de Becca Motta.




À côté du refuge, où nous déposons quelques affaires pour nous alléger.





Dans la montée, nous dépassons une arête esthétique.





Au sommet de Becca Motta. Au loin, à droite de Didier, le Mont-Blanc.





Dans la descente.





Le refuge du Plan des Gouilles. Au fond, le pic de Bellecôte où nous étions hier.





Il reste maintenant à scier du bois pour faire fondre de la neige (photo: Georges).




Mercredi 23 mars: refuge du Plan des Gouilles (2360 m) - Grand Bec (3398 m) - Champagny le haut (1470 m)

La nuit a été bonne, bien que la température ait rapidement baissé après l'extinction rapide du poêle. Le ciel est dégagé au-dessus de nous, mais la vallée est encombrée de brumes. Nous partons en direction du Grand Bec, en profitant d'une belle trace bien marquée. Encore une fois, nous sommes seuls. La brume semble monter de la vallée au fur et à mesure de notre progression. Les derniers mètres pour atteindre le sommet se font en crampons, sur une petite arête assez aérienne. Le sommet est bien corniché, il faut se méfier. La vue est belle, mais les nuages arrivent de toutes les vallées. La descente se fait dans une neige croûtée désagréable, puis nous nous trouvons vite dans un brouillard épais sur le glacier. Du coup, nous devons progresser très prudemment, sans nous perdre de vue. Nous renonçons à la descente directe par un couloir que nous avions prévu, et à la place nous suivons nos traces de montée. Du coup, nous repassons au refuge, où nous en profitons pour faire la pause casse-croûte. Nous reprenons la descente, maintenant sous les nuages, avec une visibilité un peu meilleure, mais une neige toujours mauvaise, et en pleine forêt. La descente est épique ! C'est avec soulagement que nous arrivons en bas ! Nous prenons alors la voiture pour gagner Pralognan où nous allons nous installer à l'hôtel A+.

La trace des deux journées.



Départ du refuge dans une belle lumière.





Toujours une très belle lumière matinale.










La brume monte doucement de la vallée.





La pente se redresse, et la brume approche.





Pour finir, nous dépossons les skis et chaussons les crampons.





Didier dans les derniers mètres, raides, pour le sommet.

















Didier au sommet, avec une impressionnante corniche.




Georges nous rejoint au sommet. La brume continue de monter.





Didier au sommet.




Georges rejoint le dépot des skis.




Derniers mètres avant le brouillard.




Dans le brouillard, sur le glacier. La prudence s'impose...




Petite pause repas dans le refuge.




Descente en forêt...



Jeudi 24 mars: Pralognan (1405 m), Col de la Grande Pierre (2405 m), Pralognan puis refuge de la Barmette (2012 m, en télésiège)

Bonne nuit à l'hôtel après un bon plat de Crozets. Nous partons en remontant une vieille piste de ski, sous un ciel redevenu intégralement bleu. Nous suivons ensuite un beau chemin en forêt, avec de belles lumières sur les sapins, et une belle vue sur le Grand Bec et la Grande Casse. Le chemin est entrecoupé de petites montées raides, et nous atteignons le hameau de la Montagne. Nous remontons alors le couloir de la Grande Pierre jusqu'au col de la Grande Pierre (2405 m). Nous y rencontrons un couple monté par l'autre côté. Nous redescendons de l'autre côté pour chercher un couloir vers la Dent de Portetta, dans le but de rejoindre et redescendre par le couloir des Chamoix. Cependant, le couloir est ravagé par des coulées, nous abandonnons donc. Nous revenons sur nos traces au col de la Grande Pierre, où nous casse-croûtons sur une petite pointe déneigée. Le temps est splendide. Nous descendons par le couloir de la Grande Pierre, la neige d'abord croûtée s'améliore dans la descente. Retour à la voiture où nous rechargeons nos sacs avec de la nourriture et le matériel de glacier, et nous traversons le village à pied pour nous rendre au pied des remontées mécaniques. Là, nous enchaînons deux télésièges pour gagner le refuge de la Barmette. Belle vue, beau bâtiment, où nous sommes seuls après la fermeture des remontées. Bon repas, douche et bonne nuit, super !

La trace de la journée (sans la remontée en télésiège...).




En nous élevant au-dessus de Pralognan, dans une belle lumière.





Un beau vallon. Devant à l'ombre se devine le couloir de la grand pierre que nous allons emprunter.





Georges et Didier.








Au col de la grande Pierre.




Georges.




Didier.




Didier trace de belles courbes.




À l'arrivée au col de la grande Pierre.





Le bout du chemin, le couloir pour atteindre le sommet n'est pas praticable.




Vendredi 25 mars: refuge de la Barmette (2012 m) - Pointe du Creux Noir (3154 m ) - Refuge du col de la Vanoise (2516 m)

Comme prévu par la météo, le ciel est voilé et des nuages arrivent par l'ouest. Nous montons en direction du lac de la Patinoire en passant à côté du joliment placé chalet des Gardes. Passé le lac, nous remontons un large couloir un peu raide en direction de la pointe du Creux Noir. La météo se détériore, il commence à neiger. Vers le haut du couloir, la neige botte sous les skis, la pente empêche de continuer à ski dans ces conditions, et à pied nous enfoncerions trop. Aussi, nous décidons d'arrêter, nous sommes à 3000 m environ. Nous redescendons au chalet des gardes, contre lequel nous nous abritons un peu pour manger. Redescente ensuite un peu à pied sur un bout de chemin déneigé, puis à nouveau à ski, jusqu'un peu en dessous du lac des Vaches, vers 2315 m. Nous remettons les peaux pour remonter au refuge du col de la Vanoise, sous la neige qui tombe un peu plus fort. Le refuge est tout neuf, majoritairement en bois, c'est très joli et nettement mieux que le précédent refuge. Le gardien est sympa. Petit à petit, il se remplit. Le dortoir est assez grand, pas très bien dormi.

La trace de la journée.




Le joli chalet des gardes du parc, idéalement placé sur un belvédère.





Georges descend vers le lac de la Patinoire.





Dans la pente un peu raide vers le sommet.




Nous rebroussons chemin, retrait des peaux en pleine pente.




Georges en plein changement de peau.




A l'abri de la neige sous le toit du chalet des gardes.



Samedi 26 mars: Refuge du col de la Vanoise (2516 m) - traversée des glaciers de la Vanoise, Dôme de Chasseforêt (3586m), glacier et col du Génépy - Pralognan (1400 m)

Nous partons un peu plus tôt que les autres groupes, qui vont pour la plupart en direction de la Grande-Casse (nous l'avons déjà faite à ski tous les trois). Le ciel est de nouveau d'un bleu immaculé, et les lumières sont superbes. Nous montons doucement en direction du glacier de la Roche Ferran, et nous passons au pied de la Point du Dard. Un vent de nord assez froid se lève. Nous quittons les peaux pour redescendre environ 200 m sur le glacier du Pelve. Nous remettons les peaux pour continuer et remonter vers le Dôme de Chasseforêt. Le vent forci et devient glacial et gênant. Nous nous arrêtons environ 60 m sous le sommet, il y a trop de vent. Nous continuons en direction du col de l'Arpont (3503 m). Nous quittons de nouveau les peaux pour commencer une longue traversée légèrement descendante sur la partie supérieure du glacier du Génépy, au-dessus de barres. Nous devons remettre une nouvelle fois les peaux pour remonter et passer au-dessus de barres de séracs, et rejoindre un couloir de descente le long d'une barre rocheuse. Nous sommes seuls et faisons la trace. La neige est très agréable, nous traçons de belles courbes. Nous remontons une dernière fois pour franchir le col du Génépy et bascules dans une belle vallée, où la neige est transformée et très agréable à skier. Longue descente, puis traversée pour rejoindre le chemin qui mène au refuge du Roc de la Pêche. Nous suivons alors ce chemin jusqu'à Pralognan, que nous rejoignons après ce joli tour de 9h30 environ sans aucune pause. Le ciel est toujours d'un bleu parfait, mais les prévisions pour les prochains jours sont mauvaises. Nous rentrons donc, et c'est la fin de cette belle semaine.

La trace de la journée.




Un nouveau départ sous une lumière magnifique. En arrière plan, en zoomant, on voit le refuge.





Pause crème solaire. En arrière-plan, la Grande Casse.





En partant vers le glacier. La lune est encore levée.





Le refuge est visible à limite entre ombre et soleil.





Toujours la Grande Casse, qui domine les glaciers.





Deux fois Georges.








Esthétique des formes enneigées.








Solitude sur les glaciers. La Grande Casse s'impose toujours.





Petite descente vers le Pelvé. Nous devons quitter les peaux (environ 180 m de denivelé).





Georges, Didier et la Grande Casse.








Nous remontons vers le Dôme de Chasseforêt.










Toujours seuls dans l'immensité.




Le vent nous glace, pause habillement.




Nous commençons la descente, par de longues traversées au-dessus de barres rocheuses et de séracs.





Une belle descente dans un large couloir, puis il faudra remonter un coup au-dessus de séracs que l'on voit au centre de la photo.









Didier au col du Génépy.




Georges au col du Génépy.




Descente en traversée vers le refuge du Roc de la Pèche, et la piste
de fond qui y mène.




Quelques mètres à remonter pour atteindre le col du Génépy.





Au col, Didier regarde l'itinéraire que nous venons de parcourir.





Dans le joli vallon sous le col, en neige transformée très agréable à skier.



Vue générale des trajets, représentés en vert foncé. Vous pouvez cliquer ici pour afficher la carte en plein écran.



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