A vélo entre Genève et Lyon les 22 et 23 mai 2015



Textes et photos par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Chaque fois que je fais le trajet en train entre Genève et Lyon, j'admire les paysages traversés. Depuis un moment me trotte en tête l'idée de faire ce trajet en vélo, pour mieux en profiter. Ce week-end de la pentecôte semblait réunir toutes les conditions pour me permettre de tenter l'expérience. J'ai commencé par récupérer la trace du parcours de la ViaRhôna qui rejoint les deux villes, et la carte adaptée pour mon GPS. Comme je n'étais pas sûr de réussir à faire tout le trajet, et souhaitant rentrer en train un long week-end, je voulais un vélo pliant. J'aurai bien aimé essayer un vélo Birdy, mais mon revendeur préféré n'avais pas reçu le modèle qu'il attendait. J'ai donc loué un Brompton 6 vitesses, qui avait donné entière satisfaction lors de notre dernière petite balade. Après quelques tâtonnements, j'arrive finalement à fixer toutes mes affaires sur le vélo, y compris celles de camping.


Le vélo chargé, prêt à partir. Le sac avant est très pratique, j'ai une
bouteille d'eau à portée de main, et le GPS posé sur le dessus est
très visible et accessible. Indispensable sur un trajet aussi mal balisé !




Le même en trois bagages.



Vendredi 22 mai, d'Ornex à Serrières-de-Briord

Le ciel est tout bleu, et la bise souffle, ce qui signifie qu'elle va me pousser. Le voyage se présente donc très bien. Je pars plein ouest et rejoint vite la ville de Meyrin en Suisse, où je peux profiter de larges pistes cyclables. Je chemine ensuite le long de vignobles vers Satigny, et je rejoins le tracé officiel de la ViaRhôna vers Russin. Un peu plus loin, je traverse le Rhône pour la première fois. Ensuite, le chemin remonte doucement pour contourner la montagne de Vuache qui ferme le bassin lémanique. Je suis surpris de voir des lamas dans un champs. Le cheminement est bien agréable sur des petites routes sans trafic. Dans la ville de Valleiry, je perds un peu le chemin à cause d'un mauvais balisage. Je le rattrape assez vite, et je trouve aussi une piste cyclable qui semble toute neuve, et qui permet de rejoindre le village suivant (Vulbens) sans passer par la route principale. Ce chemin n'est pas encore intégré à la trace GPS donnée sur le site ViaRhôna, dommage. On continue ensuite à s'élever doucement jusqu'au défilé de l'écluse. La vue est magnifique sur le bassin lémanique, le Jura, et Fort l'Écluse juste en face. Par contre, la route est un peu plus passante, et fréquentée par des camions, il faut être prudent. Encore quelques belles montées et de la forêt, puis l'itinéraire redescent sur Seyssel où on rejoint le Rhône et une belle piste cyclable jusqu'à la traversée du Fier. On se retrouve alors de nouveau sur une route où la circulation est rapide. Avant d'entrer dans Serrières-en-Chautagne, un panneau ViaRhôna indique une petite route à droite, alors que l'itinéraire téléchargé sur le site de ViaRhôna indique de continuer sur la grosse route. J'hésite, mais le chemin à droite semble bien plus intéressant, et surtout à l'abri du trafic automobile. Ce chemin s'avère très agréable, dans de la jolie forêt, et avec un revètement de qualité qui semble assez récent. Sur ces petites routes on rejoint Chanaz et le canal de Savières qui relie le Rhône au lac du Bourget. (attention à l'entrée de Chanaz à rester du bon côté du canal, il n'y a pas de panneau et en plus il faut prendre une petite route marquée «sens interdit» !). Ensuite, on circule sur les berges du Rhône (plus exactement sur la déviation de Belley), c'est très agréable. On passe à côté d'un port tout neuf et d'un immense parking attenant, au goudron encore frais, avec ses lampadaires. Tout est vide et semble posé au milieu de nulle part. Un panneau nous apprend que ce beau projet a coûté plusieurs dizaines de millions d'Euros. Peu de temps après, on doit s'engager sur la départementale 1504, gros trafic, beaucoup de camions, une route étroite avec des montées et trois petits tunnels, jusqu'au pont sur le Rhône et le village de La Balme. C'est sans conteste la pire section du parcours entre Lyon et Genève, et même si elle est courte (3 à 4 km), cette section à mon avis empêche de pouvoir faire la ViaRhôna avec des enfants. En regardant la carte, je me dis qu'une partie des millions investis dans ce port et ce parking luxueux auraient sans doute été mieux utilisés pour faire une passerelle mode doux sur le Rhône, qui permettrait d'éviter cette mauvaise portion de route. Surtout que la suite du chemin est de nouveau très agréable, en site propre ou petites routes pendant des dizaines de km, jusqu'à Groslée. Je roule un moment avec un couple d'Écossais en tandem, qui sont venus de chez eux pour parcourir la ViaRhôna. Ils se sont perdus en sortant de Genève, et ont un peu de retard sur leur itinéraire, ils comptent aller jusqu'à Nice. Un cycliste local nous accompagne un peu, il semble étonné de mon Brompton, et de la vitesse à laquelle il permet de rouler. C'est vrai que le contraste est grand avec son vélo de course, mais je me maintiens à sa vitesse sans trop d'efforts. À Groslée, nous traversons le Rhône et nous entrons dans le département de l'Isère. A partir de là, il n'y aura plus aucun balisage. Heureusement que j'ai mon GPS ! De plus, l'itinéraire n'arrive pas à éviter toutes les routes à gros trafic, et certaines portions ne sont pas très agréables. On monte un peu sur les coteaux du Rhône, la berge n'est pas accessible à cause de l'usine atomique de Creys-Malville. On rejoint tout de même le Rhône plus loin, et on le retraverse, à Briord. Il est 18h passé, je vais au camping « Le point bleu» pour m'installer. Mes voisins dans leur gros mobilehome sont étonnés par ma tente et mon vélo pliant (on ne voit plus beaucoup de tentes dans les campings...). Je m'endors vite, la fatigue aidant après un peu plus de 150 km.
La trace de la journée.



Entre Valleiry et Vulbens, la nouvelle piste cyclable qui permet
d'éviter la grande route.




Dernière vue sur le bassin lémanique.




Le premier panneau «ViaRhôna» que je trouve. Nous sommes en
Suisse, d'où les panneaux rouges.




Le fort l'Écluse, vu d'en face. Dans le temps, il a été bombardé depuis
ce point, où il constitue effectivement une cible facile...





Arrivée à Seyssel. On longe le Rhône pour la première fois, sur une belle piste cyclable.





Dans la campagne avant de descendre sur Seyssel.




La belle piste cyclable en encorbellement sur le Rhône, peu avant Belley.





Devant, le pont de chemin de fer qui relie Aix-les-Bains à Culoz.





Vue sur le Rhône depuis le pont qui le traverse avant La Balme.
On quitte la pire portion de route du trajet.




Avant Cordon, belle piste sur la berge. On va bientôt remonter au
nord-ouest, et avoir du vent de face.





Au niveau du barrage de Savières.





Jeux de lumière sur le Brompton sous la tente.




Entre Valleiry et Vulbens, le trajet vert sur une nouvelle piste
cyclable permet d'éviter la grande route.
En rouge, le tracé GPS récupéré sur le site de ViaRhôna,
qui n'est pas à jour.




Idem à l'entrée de Serrières-en-Chautagne. Le trajet vert est bien plus
agréable, il est aussi balisé. Le tracé rouge est celui récupéré sur
le site de ViaRhôna.



Samedi 23 mai, de Serrières-de-Briord à Solaize

Une piste en bord de Rhône me permet de rejoindre la ViaRhôna à Villebois directement depuis le camping. Un petit bout de route, puis on se retrouve sur une piste cyclable bordée de belles demeures. Par contre, j'ai le vent de face, j'espère que ça ne va pas durer... Vers Lagnieux on retraverse le Rhône et de nouveau le balisage disparait. On circule sur des petites routes, et les villages (Hières-sur-Amby, Vernas) sont très jolis, en pierre jaune. Entre Vernas et Anthon, on se retrouve sur une grosse route, assez désagréable. À Anthon je vois sur ma carte une petite route qui doit me permettre d'éviter le trafic. En fait, je me retrouve sur un chemin en grosses pierres, pas très praticable. Je suis obligé de marcher dans une grosse montée, puis je roule tant bien que mal sur la suite. Ici au moins, pas de voitures qui me frôlent... À Jons on rejoint les rîves arborées du canal de Jonage, fréquentées par des joggeurs. Le canal arrive sur une étendue d'eau appelée «le Grand Large». Là, un panneau indique l'itinéraire, conformément à la trace GPS donnée sur le site ViaRhôna. Pas de chance, cela nous amène d'abord sur une barrière qui coupe tout le chemin, difficilement contournable à pied (remorques passez votre chemin), puis le chemin que l'on doit prendre est carrément fermé par un portail verrouillé par une chaîne. Bienvenue à Lyon ! Pas d'autre choix que de continuer. Il faut passer une autre barrière, et le chemin est recouvert de gravier profond. Le prochain chemin possible est lui aussi fermé par un portail, et c'est enfin après presque un kilomètre que je trouve un chemin praticable qui permet de récupérer l'itinéraire officiel dans le parc de Jonage. On est toujours sur des sites propres ou peu fréquentés, mais le balisage laisse toujours à désirer. On rejoint finalement le Parc de la Tête d'Or, nous voila en pleine ville de Lyon. L'aménagement des berges du Rhône est une vraie réussite, et c'est magnifique de rouler ainsi en pleine ville. Ces aménagements sont très populaires, il faut être attentif aux piétons et autres cyclistes. Je fais un saut à l'office du tourisme place Bellecour pour récupérer un plan des aménagements cyclables pour trouver un trajet pour continuer jusqu'à Solaize chez mes parents. Je continue sur les berges du Rhône jusqu'à Gerland, puis des bandes cyclables me permettent de rejoindre Saint-Fons. Me voilà en terrain connu, sur la route des Grottes que je prenais pour aller à un job d'été quand j'avais 18 ans. Il me reste une bonne petite montée, et me voilà dans le village de mon enfance, et à la maison.

La trace de la journée.




Vers Saint-Sorlin en Bugey.





Belle demeure, toujours vers Saint-Sorlin.




Le village de La Balme les grottes. Celles-ci sont au pied de la falaise
au fond.




.




J'ai voulu éviter la grand-route, me voilà dans un chemin bien
caillouteux.




Pause au bord du canal de Jonage.




Au niveau du Grand-Large à l'entrée de Lyon, panneau indicatif...
qui envoie sur des barrières difficilement franchissable et des chemins
barrés par des portails cadenassés. Bienvenue à Lyon.





L'entrée dans Lyon au niveau du Grand-Large.
En rouge le tracé récupéré sur le site de ViaRhôna.
Impossible de le suivre, les chemins sont inaccessibles.
En vert, le trajet que j'ai suivi, faute de mieux.
Cette section doit sérieusement être réétudiée par le Grand-Lyon.




Conclusion

Cette partie de la ViaRhôna est très jolie, et on voit sur une distance relativement courte l'évolution du paysage et de l'architecture dans les villages. Mon impression est qu'environ la moitié du parcours est en site propre, 30% sur des petites routes sans trop de trafic, et 20% sur des routes avec un trafic soutenu. Sur certaines portions, de gros efforts ont été fait pour mettre en place des infrastructures de qualité. Par contre, c'est très hétérogène, et l'itinéraire est encore très loin d'être famillial, certaines portions (entre Virignin et La Balme par exemple) sont rédhibitoires. Le balisage est parfois correct, mais bien trop souvent absent ou aléatoire. Il faut absolument avoir des cartes assez détaillées pour pouvoir s'en sortir. Il est vraiment regrettable que le site officiel de ViaRhôna donne des traces GPS qui ne sont pas à jour ! De mon côté en tout cas, j'ai mis à jour la carte de OpenStreetMap avec ce que j'ai pu voir sur le terrain. Enfin, l'entrée dans Lyon au niveau du Grand Large est lamentable, c'est vraiment indigne d'un itinéraire tel que celui-là. J'ai pensé aux Écossais rencontrés en chemin, en tandem chargé, et qui sont venus de si loin pour faire ce trajet, quelle honte de les recevoir ainsi ! D'un point de vue commercial, l'itinéraire ne semble pas être mis en valeur. Il n'y a quasiment aucun commerce (buvette, restauration) sur le chemin, et très peu de panneaux en annonçant à proximité. Bref, même si le paysage est très joli, on est encore très très loin de la Loire à vélo.



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