Raid dans le Massif du Mont-Blanc, du 1er au 4 mai 2009

Sortie organisée par Didier, avec Christian, Georges et moi. Encore un grand merci à Didier qui a tout organisé !

Textes, photos et assemblages des panoramiques par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

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Vendredi 1er mai, d'Argentière au refuge de Saleinaz (2691 m) en passant par le col du Chardonnet (3323 m).

Je récupère Didier à la gare Cornavin à Genève à 21h30 jeudi soir. Nous rentrons à Ornex, et après une brève visite de l'appartement, au lit. Le lendemain, réveil à 6h30, et nous partons pour Argentière. Après une petite heure et demi de route, nous retrouvons Georges et Christian sur le parking du téléphérique des Grands Montets, pour la première benne. Nous ne sommes pas les seuls, et il nous faut faire la queue et patienter avant de se retrouver au sommet. A l'arrivée, le panorama est toujours aussi magnifique, l'aiguille d'Argentière est toujours aussi impressionnante, et le temps est magnifique, sans vent.



A la sortie du téléphérique des Grands Montets, vue sur le bassin et l'aiguille d'Argentière.






De l'autre coté, vue sur les Drus et le Mont-Blanc, avec en bas la vallée de Chamonix.






Début de la descente dans le bassin d'Argentière.






C'est tellement beau que je fais trop de photos. La trace pour le col du Chardonnet est bien marquée, droit devant.





Nous attaquons la descente, et je me rends compte que la peinture (en bâtiment) ne fait pas travailler les mêmes muscles que le ski. Pendant la descente, nous observons le col du Passon, notre itinéraire initialement prévu. Il n'a pas l'air en condition, avec les récentes et importantes chutes de neiges. Nous nous rabattons donc vers le col du Chardonnet. Quelques crevasses à éviter, et nous atteignons le bas du glacier. On mets les peaux, et s'est parti pour la première montée, avec dans notre dos les magnifiques faces nord du bassin d'Argentière. Nous atteignons le col du Chardonnet (3323 m). De l'autre coté, il faut descendre sur une cinquantaine de mètres un petit couloir très raide. Nous devons mettre les skis sur le sac, crampons aux pieds, et nous utilisons une corde fixe qui est déjà en place. Nous rechaussons au pied du couloir, et par un grand cirque glaciaire, nous rejoignons le pied du refuge de Saleinaz. Il nous reste alors à remettre encore les peaux, et à remonter une pente un peu raide jusqu'au refuge. Nous nous posons quelques questions sur la qualité de la neige, et nous prenons de bonnes distances de sécurité derrière Didier qui fait la trace. La neige qui tombe de sa trace fait de grosses galettes de neige qui roulent sur quelques mètres avant de se coucher, c'est très joli et assez inhabituel. Le refuge est très bien organisé, propre, avec un poêle et du bois, et des WC sans eau, propres et sans odeur. D'autres personnes arrivent petit à petit dans la soirée, nous finissons à être une vingtaine de personnes, mais tout se passe bien.



Début de la montée vers le col du Chardonnet, derrière nous les impressionnantes faces Nord de la Verte et des Droites.






Didier sur la corde fixe pour descendre le col du Chardonnet.






Christian disparait dans le couloir.






Début de la descente sur le glacier de Saleina, on voit le col du Chardonnet en arrière plan.






Vue générale sur glacier de Saleina, en remontant au refuge.






Georges et Christian arrivent. La neige qui a chauffé fait de gros rouleaux qui tombent dans la pente sous les skis de Didier qui trace.






Encore une fois, les WC ont le plus beau des panoramas.




Samedi 2 mai, en aller-retour depuis le refuge de Saleinaz, col des Planereuses (3030 m), col de Crête Sêche (3024 m), Col supérieur des Essettes (3113 m), Col de Saleinaz (3419 m), Sommet de la Grande Lui (3508 m), et retour sur le refuge.

Nous partons au petit jour, sous un beau temps toujours sans vent. La neige est dure, et pour rejoindre le col de Planereuse, nous devons passer un couloir d'avalanche en neige très dure et exposée au dessus d'une barre rocheuse. Nous devons mettre les crampons et porter les skis sur une courte distance, avant de rejoindre sans problème le col. Par une très courte désescalade, nous rejoignons le glacier. Belle descente, puis nous remettons les peaux pour franchir le col de Crète Sêche. Nous traçons jusqu'en haut, en faisant une série impressionnante de conversions, parfois une tous les deux mètres. Nous redescendons un peu à pied avant de chausser et de continuer la descente à ski sur une neige dure et des traces de coulées anciennes.


En descendant de la Grand Lui, nous rejoignons Georges au col de Saleina.




Didier à la sortie du refuge, alors que les sommets rosissent.






Georges arrive au col des Planereuses.




Didier débouche du col de Crète Sèche.


Nous rejoignons la trace des personnes qui montent au sommet de la Grande Lui depuis le refuge de l'A Neuve. Nous montons jusqu'au col de Saleinaz. A quelques mètres du col, nous posons les skis et nous montons au sommet en crampons. Le temps se couvre, et au sommet nous sommes dans les nuages. Quand nous arrivons, deux allemands qui étaient au refuge arrivent juste en même temps, par la face ouest, qu'ils souhaitaient redescendre en ski. Mais la visibilité nulle les en empêche. Nous redescendons au col. La première cinquantaine de mètres depuis le col pour redescendre sur le glacier de Saleinaz est raide et en neige profonde, nous la desescaladons à pied avant de remettre les skis. La visibilité est toujours assez mauvais, nous attaquons la descente avec prudence, à cause des crevasses. Mais le plafond nuageux est bas, et nous sommes bientôt dans une zone de bonne visibilité, ce qui nous permet de skier mieux, facilement, et de savourer la neige encore bonne. Nous rejoignons de nouveau pied du refuge, de nouveau la dernière pente, et nous rejoignons Christian qui était resté pour se remettre d'une mauvaise chute de la veille. Le soir, les deux allemands du sommet nous rejoignent, nous ne sommes que 6, la soirée est calme.


Didier au sommet de la grande Lui.




Didier redescend du petit couloir qui mène au sommet de la Grande Lui.


Dimanche 3 mai, du refuge de Saleinaz (2691 m) au refuge Albert 1er (2702 m) par le col Droit (3294 m) et par le col supérieur du Tour (3289 m).

Le matin, toujours par grand beau temps, descente du refuge sur la neige dure. Nous mettons les peaux pour remonter en direction du bivouac des Plines. Nous y faisons une brève halte, avant de repartir en direction du col Droit et du Portalet. Finalement, la face du Portalet est pleine de rochers, et nous décidons de ne pas y aller. Nous remontons donc par une série de conversions serrées pour rejoindre le col. Alors que nous l'atteignons, un hélico se pose à quelques mètres pour déposer des skieurs ! Alors que la Suisse à une législation plutôt en avance par rapport à la moyenne dans les domaines environnementaux, cela paraît abérrant que l'héliski soit encore autorisé ! Malgré ça, nous savourons le paysage, et nous discutons un peu avec le guide qui accompagne ce groupe de skieurs fortunés. Nous les quittons par une brève mais belle descente sur le glacier du Trient, nous croisons « l'autoroute » de traces de Chamonix-Zermatt qui rejoint la fenètre de Saleinaz au refuge du Trient.




Didier, Georges et Christian, au moment du départ.






Nous remontons un peu le glacier de Saleina sur sa rive gauche.






Etrange vue, mi-nette mi-floue. De la buée dans mes lunettes ?






Christian, avec en arrière plan le versant nord de l'Aiguille d'Argentière.






Didier en contre jour.






Georges et Christian dans un petit raidillon, sans doute une moraine.






Petite pause au magnifique bivouac des Plines.




En remontant le glacier des Plines, au fond le Portalet.






En approchant du col Droit. Au centre de l'image, on peut voir le refuge de Saleina sur son épaule neigeuse. Au fond, le Mont Vélan.




Nous continuons notre bonhomme de chemin vers le glacier supérieur du Tour. Nous devons desescalader un très bref passage, et plusieurs « cordées express » en profitent pour nous doubler. Nous faisons alors une belle descente jusqu'au refuge. Nous nous arrêtons une centaine de mètres avant le refuge, sur quelques rochers, pour casser la croute et profiter du panorama magnifique. Le soleil tape, le glacier est parcouru par -ci par-là, nous observons les différentes cordées. Comparé au refuge de Saleinaz, le refuge d'hiver est vraiment sordide, humide, cassé, sans bois, avec des planches pourries, et des toilettes infâmes. Nous essayons de récupérer de l'eau de fonte des toits, et nous lançons les réchauds pour faire de l'eau. Le temps se couvre rapidement, il se met à neiger. Nous nous mettons rapidement au lit.


Georges au col.





Au col Droit, vue sur plateau du Trient.






Pause sur le glacier du Trient.






En approchant du col supérieur du Tour.






Début de la descente.






Pause dans la descente sur le refuge Albert 1er.






Casse-croûte face au panorama.






Devant le refuge d'hiver, nous profitons des derniers moments de soleil.






Ambiance froide à l'intérieur du refuge.




Lundi 4 mai, descente du refuge Albert 1er

Le matin, nous réveillons tôt, mais le temps est mauvais, et nous restons couchés un peu plus longtemps. Un peu plus tard, nous nous levons tout de même, et nous décidons que nous ne pourrons rien faire d'autre que de rentrer. Nous partons dans une visibilité quasi nulle, Didier trace devant en utilisant son GPS (mais également ses yeux pour éviter les crevasses...) pour traverser le glacier un peu en amont du refuge, afin de rejoindre sa rive gauche. La visibilité s'améliore un peu, mais des « bouffées » de nuages la rendent parfois complètement nulle. Alors que nous perdons de l'altitude, la neige devient de plus en plus pourrie, elle n'a pas regelé pendant la nuit et s'enfonce largement. Nous essayons de deviner notre chemin, nous suivons des traces un peu plus anciennes sans vraiment être sûrs de l'itinéraire. A la fin, nous nous retrouvons dans des barres pleines de végétation, au-dessus du village du Tour, et nous devons remonter un peu et faire de nombreux détours pour enfin mettre pied sur une ancienne coulée qui nous permettra de skier jusqu'en bas. Entretemps, la neige qui tombait s'est transformée en une bonne pluie. Au gué d'un torrent, nous rejoignons un large torrent, et nous marchons jusqu'à Montroc, où nous pourrons prendre le train. Nous faisons du stop en attendant le prochain train, qui ne part qu'une heure plus tard, et quelqu'un nous prends, Christian et moi, les deux chauffeurs, et nous emmène au parking du téléphérique. Nous remontons chercher Didier et Georges et le matériel, et c'est la fin de ce joli tour...



Départ dans le brouillard.




Dans la descente, nous sommes obligés de faire des pauses pour attendre des périodes de meilleure visibilité.





Didier toujours souriant dans le mauvais temps.




La fin de la descente n'est pas très brillante.




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