Raid dans les Pyrénées, 5-12 mars 2005

Raid avec Didier, Georges, Olivier, Yves, Lulu, Belkacem, Jeff, Philippe. Didier a tout organisé, ou presque !
Texte, photos et assemblages des panoramiques par Philippe Quaglia.

Les photos sont cliquables, pour obtenir un agrandissement. Mais attention au temps de chargement, notamment pour les panoramiques !





Un étrange bâtiment, en montant vers Pont d'Espagne. Au fond, on voit Didier.




Samedi 5 mars 2005

Pour mon premier raid à ski dans les Pyrénées, je suis content: le trajet est simple: je monte dans le train-couchette à Nice, je me réveille à Lourdes où je dois retrouver les autres arrivés un peu plus tôt en train de nuit de Paris. 12 mn plus tard, un car doit nous conduire à Cauteret. Je m'endors doucement bercé par le bruit des traverses....




Dimanche 6 mars 2005, de Cauteret (950 m) au refuge Wallon (1865 m)

Réveillé par mes voisins de couchette, qui sont impatients d'arriver. Petit tour dans le couloir, dehors tout est blanc, recouvert d'une épaisse couche de neige fraîche. Il neige toujours, et les rails parallèles aux nôtres sont encore couverts d'une dizaine de cm de neige immaculée, la chute a dû être rapide ! A mon grand étonnement, le train arrive à l'heure à Lourdes. Je fais la connaissance de Belkacem qui descend du même train que moi, et nous rejoignons le reste du groupe au départ du car pour Cauteret, où l'on papote et fait connaissance. La neige récente a un peu semé la pagaille, des voitures sont en travers de la route, mais habile, le car passe. Cauteret est une charmante petite ville, qui croule sous la neige, c'est impressionnant ! Le départ de notre rando doit se faire de Pont d'Espagne, à une dizaine de km, mais la navette qui doit nous y conduire est annulée car une avalanche a coupé la route !
Nous nous replions dans un bar pour prendre le petit déjeuner et établir un plan B. Après avoir examiné toutes les hypothèses, nous décidons de partir pour Pont d'Espagne à pied, par la route... Et hop, c'est parti, skis sur le dos, et plus tard aux pieds, quand il reste assez de neige sur le bord du goudron.

Dimanche matin, Cauteret disparaît presque sous la neige et la glace.



Je profite du chemin pour discuter avec Lulu, grande conversation. Nous finissons par arriver, pause casse-croûte. Je croise deux amis du CAF Nice qui rentrent d'un stage, le monde est petit ! Nous repartons en direction du refuge sous un ciel gris, d'abord sur des pistes de fond, puis dans une trace profonde. Partout les arbres sont tout recouverts de neige, c'est très beau.
Georges court devant, nous nous sommes dispersés, et je pense trouver le refuge derrière chaque nouvelle butte. Il apparaît enfin, grande bâtisse en pierres. A une dizaine de mètres, il y a une grande chapelle, un peu inattendue en ce lieu... Dans le refuge, c'est le confort: il y a un gros poêle qui chauffe (un peu trop), de l'eau courante et même des WC ! Les dortoirs, sous les toits, sont par contre très frais, mais il y a plein de place et de couvertures. Bon repas, le gardien nous confirme le risque très élevé d'avalanches, nous prévoyons donc pour le lendemain une petite sortie pas trop expo, et dodo.

La sortie de secours du refuge, pelle obligatoire !


Sur la route du refuge, nous croisons des petites rivières très esthétiques sous la neige fraîche.






Peu après le refuge Wallon, en montant en direction du col de Cambalès.





Le groupe progresse doucement en direction du Soum de Bassia.




Dans les jolis vallonnements vers Cambalès.



Lundi 7 mars 2005, aller retour en direction du Col de Cambalès.

Apparemment, il y a eu un problème technique avec les réveils, et nous ne partons qu'à 9h00 ! Il fait grand beau, le paysage sous la neige fraîche est superbe. Notre objectif est le Col de Cambalès, vers lequel on se dirige par des combes lascives. On voit un isard qui peine à marcher, seuls son cou et sa tête émergent de la neige, il fait une véritable tranchée. Nous nous relayons pour faire la trace profonde, et le temps se dégrade rapidement. Ce sont d'abord des nuages qui arrivent, puis nous nous trouvons dans le brouillard. Le relief est vallonné, plein de faux plats, de petites pentes, etc... Il commence à neigeoter, et finalement, nous rebroussons chemin alors que nous sommes environ à 2600 m d'altitude. Nous retrouvons le refuge, son poêle, et un bon repas.
Mardi 8 mars 2005, Soum de Bassia (2758 m) en aller retour.

Nous partons un peu plus tôt, vers 8h00, en direction du Soum de Bassia. Le temps est radieux, le froid est vivifiant. Nous montons doucement dans la superbe forêt encore chargée de neige. Nous passons avec grandes précautions un petit raidillon qui nous semble douteux, traversons deux beaux lacs. Nous laissons les skis quelques dizaines de mètres en-dessous du sommet, que nous atteignons par un très bref passage dans de petits rochers. Le panorama est splendide, et la descente est superbe, avec une belle neige poudreuse, légère et profonde. L'arrivée sur le refuge à travers la forêt est un régal, cette journée a été parfaite.

Le plaisir de tracer dans une belle neige vierge...




Traversée du Lac du Pourtet, pour arriver sous le sommet du Soum de Bassia.




Olivier et Georges lors d'une séance photo à un sommet.





Georges toujours en séance photo me fait penser à "Annapurna premier 8000".





Un peu en-dessous du sommet, vue sur nos traces sur le lac en-dessous.




Panorama depuis le sommet du Soum de Bassia.




Retour au refuge, à travers la forêt.




Didier arrive au sommet du Soum de Bassia.




Mercredi 9 mars 2005, Pène d'Aragon (2918 m) en aller retour.

La météo est comme le jour précédent, splendide. La neige petit à petit se tasse, il en reste toutefois toujours beaucoup sur les arbres. La trace est toujours profonde à tracer, mais la montée est régulière. Nous apercevons de gros rapaces qui tournent, personne d'entre nous ne sait dire si ce sont des gypaètes, des vautours ou autre chose. En tout cas, ce sont de beaux et gros oiseaux. Nous apercevrons aussi un petit troupeau d'isards. Encore une fois, le panorama est superbe, le ciel reste invariablement bleu, et la journée est parfaite. Nous rentrons encore au refuge heureux...

Départ au petit matin, dans la forêt et toujours sous le beau temps.




Un petit peu plus tard, toujours dans un paysage merveilleux.




Panorama depuis le sommet du Pène d'Aragon.


Toujours au sommet du Pène d'Aragon, avec tous les copains.



Jeudi 10 mars 2005, du refuge Wallon au refuge des Oulettes de Gaube (2150 m) par les Col d'Aratille (2528 m) et des Mulets (2591 m).

Maintenant que la neige a eu le temps de se stabiliser, nous décidons de traverser vers le refuge des Oulettes de Gaude. Cette fois, nous devons porter notre sac complet, et la traversée des cols doit se faire avant que la neige ne chauffe, nous partons à 7h. Un couple de Grenoblois fait la même traversée que nous et part devant. Pour la première fois de ce raid, nous ne ferons pas la trace. Le temps est toujours au grand beau, et nous atteignons assez vite le col d'Aratille. Nous profitons de la petite descente, avant de remettre les peaux sous le col des Mulets. Les deux Grenoblois sont en train d'y monter, la pente semble un peu chargée. Le couple s'arrête et rebrousse même un peu chemin pour s'abriter sous un rocher, car ils ont entendu la neige craquer.

Arrivée au Col des Mulets.





Georges au col des Mulets.




Séance de déblaiement de neige au refuge...





Très prudemment, Didier s'avance, et teste régulièrement la neige avec son bâton. La pente lui semble stable, et nous la franchissons tous un par un. Nous nous retrouvons tous au col, avant d'attaquer la descente dans une neige parfois un peu lourde sur le refuge des Oulettes. Nous sommes sous l'impressionnante face nord du Vignemale, fendue par un incroyable couloir. Un couple d'espagnols arrive dans l'après-midi, et va reconnaître le couloir pour le lendemain. Ils paraissent microscopiques dans cette paroi ! Le gardien est arrivé un ou deux jours avant, mais il y a des tonnes de neiges à déblayer. Les dortoirs sont glacés, de la neige y a pénétré. Les WC sont gelés, et le poêle réchauffe un rayon très restreint ! Mais tout le monde est bien sympa, nous nous mettons tous au déblayage avec le gardien, et la nuit arrive vite. Tard le soir, d'autres espagnols arrivent, ils viennent aussi pour faire le couloir le lendemain.




La face nord du Vignemale, depuis le refuge des Oulettes de Gaude.






Une autre vue de la même face avec à gauche, nos traces de descente depuis le col des Mulets.




En montant au petit Vignemale, une autre vue sur la face nord et le couloir des Oulettes.



Vendredi 11 mars 2005, petit Vignemale (3032 m) en aller retour.

Les prévisions météo pour cette journée ne sont pas très bonnes, nous partons de bonne heure. Pendant que nous nous élevons, nous voyons les espagnols progresser comme de petits insectes dans le couloir, c'est vraiment très impressionnant. Une vague de nuages remplit progressivement la vallée en-dessous de nous, et gagne régulièrement de l'altitude. Cependant, alors que nous arrivons vers l'Ourquette d'Ossoue, on dirait que les nuages refluent. Effectivement, le temps restera au beau toute la journée encore ! Nous laissons nos skis au col, et c'est en crampons que nous remontons la crête vers le sommet du petit Vignemale. Au fur et à mesure qu'on s'élève, le paysage devient de plus en plus beau. Apparaissent la Brèche de Roland, Gavarnie, etc...

Georges dans la montée finale vers le sommet du petit Vignemale. Simultanément, l'horizon descend...



Didier et Jeff arrivent au sommet.




Photos au sommet, et nous redescendons aux skis. La descente sous la face nord du Vignemale est carrément paradisiaque, dans une poudreuse fantastique, sous un ciel splendide. Au refuge, nous continuons à aider à déblayer la neige. Le soir, nous essayons de trouver un itinéraire intéressant pour le retour, et nous essayons de deviner dans quelles combes nous trouverons encore de la poudreuse.



Panorama complet depuis le sommet.



La descente sous la face nord du Vignemale est splendide.





Didier avec ses telemarks apporte une touche de classe au groupe.







Sous le col de d'Araillé, Olivier et Lulu nous attendent. On voit en haut une belle trace de godille...


Samedi 12 mars 2005, du refuge des Oulettes de Gaube (2150 m) à Cauteret en passant par le col d'Araillé (2583 m) et un aller retour vers le col de Labas (2714 m).

La météo est toujours avec nous, et nous suivons brièvement nos traces de la veille avant de nous diriger vers le col d'Araillé que nous atteignons rapidement. La première descente est bien agréable, on arrive encore à trouver de la poudreuse. Nous nous arrêtons vers 2100 m d'altitude pour remettre les peaux pour faire un aller retour vers le col de Labas, où nous sentons que nous trouverons de la poudre. Lulu et Olivier préfèrent nous attendre, et nous repartons. Nous remontons un beau vallon, le final est un peu raide et pénible, nous y perdons un peu de temps. Par contre, nous ne nous sommes pas trompés, et la descente est encore superbe, dans une poudre profonde et légère. Nous retrouvons Lulu et Olivier, et la descente continue.

Passage près d'une congère en bifurcant vers le col de Labas.



Didier redescend à pied le raidillon qui mêne au col de Labas. Nos traces de montée sont visibles plus bas.




Casse-croûte au refuge d'Estom, et nous attaquons la descente un peu longue vers Cauteret, en zigzaguant entre les arbres, et en poussant souvent sur les bâtons. Nous rejoignons la route, nous savourons une crêpe en attendant tout le monde, et les horaires de la navette semblant incertains, nous continuons à pied jusqu'à Cauteret (en skis en fait, par un sentier qu'on nous a indiqué). Un car nous emmène à Lourdes, et voilà l'heure de la séparation...




En tout cas, ce raid aura vraiment été une réussite, poudre et soleil, de bons copains, rien que du plaisir !



En rentrant, dernière pause au refuge d'Estom. On voit en bas les retardataires qui arrivent.