Randonnée dans le Val Varaita en Italie, puis dans le Beaufortain et la Lauzière du 6 au 13 mars 2010

Sortie organisée par Didier avec Yves, Jeff, Frédéric et Philippe. Encore un grand merci à Didier qui a tout organisé !

Textes, photos et assemblages des panoramiques par Philippe Quaglia. Tous droits réservés.

Les photos sont cliquables, pour obtenir un agrandissement (attention, certains navigateurs recadrent automatiquement la photo par défaut, et vous ne verrez pas de différence).

Les photos de Didier sont visibles ici, celles de Frédéric et celles de Jeff à cette adresse.


Samedi 6 mars 2010 .

Départ d'Ornex aux alentours de 11h30, malheureusement seul malgré la petite annonce publiée sur le site de covoiturage.fr. Personne d'autre ne fait donc ce chemin ? Initialement, nous devions faire une rando itinérante en Suisse, et j'étais tout content de pouvoir faire le trajet en train, en gagnant la gare à vélo. Mais vu les conditions météos, nous avons du changer de programme, et me voilà donc obligé de faire 5h de route (d'après Google) pour rejoindre le Val Varaita en Italie. Par le tunnel du Mont Blanc ou par le Fréjus le trajet est exactement de la même longueur, j'opte pour le Fréjus car je connais mieux la route. Sitôt passé le tunnel, l'enneigement est assez important. Je coupe au plus vite à travers les petites villes de la plaine du Pô, en suivant l'itinéraire de Google Maps. Je décroche un peu à l'instruction "au rond point, prendre la première à droite, puis passer 11 ronds points. Au rond point suivant, prendre la deuxième à droite..", mais sans GPS et sans copilote, j'avoue que je m'en sors pas mal. La vallée de Varaita est longue, et le refuge est vraiment au bout de la route, plus loin il n'y a rien. L'enneigement est assez important, mais la route est sèche, le temps est au beau. Je suis le premier, je commence à m'installer, et les collègues arrivent vers 19h30, après 12h de route ! Retrouvailles, bon repas, et nous voilà couchés.



Dimanche matin, sur le petit pont bien enneigé.




Dimanche 7 mars 2010 (du rifugio Meleze, 1812 m, en direction du Bric Rutund, 2578 m, deux fois) .

Ce matin, la météo est maussade, neige et brouillard. Il fait -11°C quand nous sortons le matin, en direction du Bric Rutund. Il a bien neigé pendant la nuit, et nous pouvons directement passer à ski sur la route. Le petit pont sur la rivière est couvert d'une épaisse couche, nous commençons la trace dans la fraiche (Didier surtout !). Au bout d'un moment, nous sommes rejoins et doublés par un petit groupe de 3 personnes, il semble qu'avec ce temps, ce soit la seule course praticable dans la vallée. Nous verrons d'autres personnes un peu plus tard. Nous nous arrêtons à environ 100 m sous le sommet, vers 2450 m, car la visibilité au-dessus est vraiment nulle, et le vent a soufflé la neige, et des rochers apparaissent. La descente dans la forêt dans l'épaisse poudreuse est merveilleuse. Du coup, arrivés en bas, nous décidons de remonter, pour profiter une deuxième fois de cette excellente descente. Retour au refuge en milieu d'après midi, le chasse neige est passé et a dégagé la route. Au refuge, quelques personnes de la vallée sont venues boire un verre et jouer aux cartes, l'ambiance est bien sympathique. Tout le monde dans cette vallée semble parler français.


Le matin, la bande à la sortie du refuge.




La neige recouvre le paysage comme une grosse chantilly.





Départ à ski sur la route par laquelle nous sommes arrivés la veille en voiture...




Pendant la pause repas, adossé à un tas de neige, sur le toit d'une petite construction.



Lundi 8 mars (Rifugio Meleze au Grand Ferra, 3094 m).

Le temps est au grand beau quand nous sortons, mais il fait quand même -15°C. Nous partons directement depuis le refuge en direction du Grand Ferra. La poudreuse est toujours très légère, mais une couche gelée dessous nous oblige à mettre les couteaux. Il n'y a personne d'autre que nous, Didier fait une belle trace dans ces espaces vierges, Frédéric ou moi le relayons de temps en temps. Quelques chamoix qui fréquentent des petites barres nous regardent passer. Du brouillard commence à monter de la vallée, quand nous atteignons un petit replat où Yves décide de nous attendre.



Départ au matin. Le toit du refuge est visible derrière Didier, au fond la route est blanche.




Nous continuons dans les pentes qui se redressent un peu, et nous décidons de rejoindre la crête car la neige ne nous inspire pas confiance. De la crête, nous rejoignons le sommet avec Didier, tandis que Frédéric et Jeff attendent plus bas, car ils n'ont pas confiance dans la neige. Du sommet, nous avons une belle vue sur le Viso, qui s'impose sur les sommets alentours. Nous rejoignons rapidement Fred et Jeff, puis par une belle descente, Yves. Pendant que nous mangeons, le brouillard nous rattrape, et nous devons descendre dans un jour blanc sans visibilité. Du coup, nous ne profitons pas de la neige, et nous suivons nos traces de montée. Plus bas, la visibilité s'améliore, et nous profitons de la neige qui a un peu transformé. Dans la soirée, il se remet à neiger, et les prévisions météos ne sont pas meilleures. Par contre, chaque soir le repas s'améliore, nous nous régalons.


Yves fait une petite pause.





Montée au-dessus de la vallée.


Jolies traces de descente.




Mardi 9 mars

Le matin il fait de nouveau mauvais, neige et brouillard, -12 °C. Nous partons toutefois en direction du Mont Maurel. Nous montons régulièrement, mais la neige est vraiment bizarre (à un moment, j'enfonce mon bâton intégralement, ainsi que mon poignet, sans même toucher le fond) , et sans aucune visibilité, nous décidons de faire demi-tour après avoir atteint une petite bergerie vers 2200 m. Nous voyons deux lagopèdes qui sont révélés par leur cri et leur petite tâche noire autour de l'oeil et sur le croupion. De retour au refuge, nous mangeons notre pique nique, puis nous repartons vers le Bric Rutund déjà fait dimanche, car c'est le seul itinéraire sûr dans ces conditions. Comme dimanche, nous montons jusqu'à environ 2400 m, et la descente est géniale dans l'épaisse et légère poudreuse au milieu des arbres. Nous remontons une seconde fois pour resavourer cette magnifique descente, puis nous rentrons au refuge. Malgré ces mauvaises conditions, nous aurons tout de même fait nos 1400 m réglementaires. Bon repas encore, mais les prévisions météos ne sont toujours pas bonne pour le lendemain, et même en cas de retour du beau, étant données les quantités de neige, nous ne pourrons pas faire grand chose avant d'avoir attendu quelques jours que toutes les pentes se purgent.



Préparation pour la première descente.



On s'amuse bien dans la poudre.




Yves à l'attaque.



Mercredi 10 mars

Une bonne couche de neige est encore tombée pendant la nuit. Nous décidons de partir dès que possible. Il faut du temps pour dégager les voitures (à la pelle), Didier monte les chaines sur sa voiture, moi je n'en ai pas. Le chasse neige arrive juste au bon moment, et nous en profitons pour suivre sa trace. Nous roulons doucement, il y a beaucoup de neige partout, jusque tout en bas de la vallée, où à 300 m d'altitude, les vergers de la plaine du Pô sont tous blancs. Nous arrivons enfin au tunnel du Fréjus et du coté Français il n'y a presque plus de neige, le contraste est saisissant. Pause repas à St Michel de Maurienne, nous étudions la situation, et l'Iphone de Fred est bien pratique pour connaître la météo. Didier a apporté un guide des gites, nous en trouvons un dans le Beaufortain. Nous faisons des courses, petite halte au Vieux Campeur d'Albertville (quelle affreuse zone commerciale !), et nous remontons au hameau de Naves, dans le gite de M. Delapierre. Très belle maison, intérieur chaleureux en bois, cheminée. Dans la cour, sous nos fenêtre, un magnifique tilleul a été planté en 1790 !




Jeudi 11 mars, tour du Grand Quermoz, massif du Beaufortain

C'est sous un magnifique ciel bleu que nous faisons un tout petit bout de route pour rejoindre Grand Naves, d'où nous partons pour faire un tour du Quermoz. Nous montons d'abord en direction du refuge du Nant du Beurre, en coupant à travers des pistes de fond. Quelques nuages remontent des vallées, mais ne nous atteignent pas. Passé le refuge, nous franchissons un petit col sans nom entre le col des Tufs Blancs et la pointe de Dzonfié, qui nous fait basculer sur l'autre versant. Nous faisons notre pause casse-croute avec une magnifique vue sur le Mont Blanc, la Vanoise (Mt Pourri, Grande Motte, Grande Casse) et les Écrins. Nous longeons la grande arête en direction du Quermoz, dont nous atteignons le sommet par son versant sud. Redescente ensuite sur Grand Naves dans une neige pas super, soit croutée soit gelée. La journée a été longue en distance, et environ 1300 m de dénivelée d'après l'altimètre de Fred.


Magnifique panorama pendant la pause repas.




En montant en direction du refuge du Nant du Beurre.





Le groupe m'attend, et l'horizon bascule.




Jeff arrive au sommet du Quermoz.





Juste après la pause repas, nous commençons à longer le crête.




Un peu plus loin, toujours plus beau.




Vendredi 12 mars, Mont Bellacha, massif de la Lauzière.

Grand beau temps encore ce matin, mais la route est longue pour approcher du Mont Bellacha. Nous traversons des villages incroyables tellement ils sont installés dans des grandes pentes. On nous dira plus tard que dans ces villages, « il faut mettre un panier au cul des poules si on veut avoir des oeufs », et que « les chiens doivent s'asseoir pour aboyer ». Cela illustre parfaitement ce qu'on ressent en les traversant !
Nous partons d'un peu au-dessus de Villard Benoit, vers 1250 m. Nous commençons par remonter une route enneigée jusqu'à un petit pont où la route fait un lacet. Nous entrons alors dans un petit goulet où la trace n'est pas facile, la neige est molle, la pente est un peu raide. Nous finissons par déchausser pour sortir de ces pentes à pied, en traçant de profondes marches vers le haut. Une fois rechaussés, nous repartons pour une montée ascendante régulière, dans des pentes qui commencent à chauffer. Nous accélérons un peu pour pouvoir rentrer en sécurité, et également lorsque nous passons sous de grosses corniches. Au sommet, le panorama est très beau, mais nous ne trainons pas, pour éviter les neiges trop ramollies, et pour rejoindre Yves qui est resté nous attendre plus bas. La neige est molle puis croutée, ce qui ne la rend pas agréable. Plus bas, elle est transformée et agréable à skier. Après un verre, nous rentrons au gite.


Magnifique panorama pendant la pause repas.




Fred nous rejoint, comme nous il accélère en passant sous la grosse meringue qu'on préfèrerait ne pas se manger.






Petite pause.





Nous rejoignons Yves qui nous attend sur un petit replat.




Deuxième partie de la descente, en bas nous voyons la route enneigée.





Le dernier panorama avant d'attaquer la descente.




Samedi 13 mars.

C'est la fin, nous plions bagage, et nous voilà repartis, sous le ciel toujours bleu. C'est bien triste, on aurait aimé que ça dure plus longtemps. Route sans encombre, qui me permet de découvrir la jolie vallée entre Ugine et Annecy. J'aperçois des morceaux de la véloroute qui semble vraiment sympathique. Retour à Ornex pour le déjeuner. Dimanche on vote, et lundi, retour au boulot...


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